Nutrition

Nutrinet santé fait le lien entre comportement alimentaire et sommeil

1 avril 2015 - Amélie Dereuder

L'étude des cohortes Nutrinet-Santé mettent en évidence les liens entre comportements alimentaires et sommeil. Crédit photo : Photographee.eu - Fotolia

Suite à la 15e édition de la Journée du Sommeil, les équipes de l’INSV (l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance) et de NutriNet-Santé ont présenté une étude à grande échelle sur le sommeil et l’alimentation dans le cadre de NutriNet-Santé.

Premier enseignement, on observe plus souvent une faible consommation de végétaux (légumes ou fruits) chez les petits dormeurs (moins de 6 h) ou chez les personnes ayant une mauvaise qualité de sommeil. Ce lien est mis en évidence dans toutes les classes d’âge et dans plusieurs parties du monde chez les femmes. Il reste cependant à confirmer chez les hommes.

Une faible consommation de poissons est également liée à une plus courte durée de sommeil. Comme ce sont souvent les mêmes personnes qui prennent peu de poissons et peu de végétaux, il est possible que l’impact sur le sommeil soit dû à de moins bonnes habitudes alimentaires en général.

Obésité : risque d'hypersomnolence deux fois plus élevé

Second enseignement, une consommation plus importante d’aliments gras, de confiseries, d’aliments sucrés et d’alcool est associée à une courte durée de sommeil. L'analyse du rythme alimentaire montre que certains comportements déconseillés par les nutritionnistes sont liés à une moindre durée de sommeil: sauter le petit-déjeuner, ne pas manger à des heures régulières et consommer des collations plutôt que des repas.

De plus, l’analyse du temps total de sommeil montre qu'il y a plus d’obèses dans le groupe des

petits dormeurs que parmi les longs dormeurs : 9,5% contre 7,3% chez les femmes et 10,4% contre 7,2% chez les hommes. On observe aussi que 27% des femmes obèses sont considérées insomniaques alors qu’elles ne sont que 19% chez les femmes non insomniaques. Le risque de souffrir d’hypersomnolence est donc 70% plus élevé chez les femmes obèses et plus de deux fois supérieur chez les hommes obèses que chez les personnes non obèses.

De multiples mécanismes impliqués

Enfin, il a été montré que les insomniaques ont une sensibilité accrue à l'action éveillante de la caféine, ce qui pourrait expliquer qu'une faible augmentation de la consommation de caféine résulte en une altération du sommeil significative chez l'insomniaque et le court dormeur.

Pour éclaircir ces résultats, les meneurs de l'étude rappellent que la ghréline, secrétée le jour, stimule l’appétit tandis que la leptine, hormone de la satiété secrétée pendant le sommeil, l’inhibe. Or, une réduction du temps de sommeil met à mal cet équilibre. Les concentrations de ghréline et de leptine se modifient et l'on perd cette sensation de satiété. D'autres mécanismes sont également à l’œuvre lors du manque de sommeil, notamment la sécrétion d'hormone de croissance, de cortisol, la régulation glycémique et l'effet des marqueurs inflammatoires.

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