Nutrition

PNNS2. Saint Hubert signe la première charte d’engagements nutritionnels

4 mars 2008 - Josselin Moreau

Saint Hubert poursuit ses travaux d’améliorations nutritionnelles de ses produits. L’entreprise a récemment lancé « 100% Nature », sans allergènes ni conservateurs.

« Entreprise engagée dans une démarche nutritionnelle encouragée par l’État (PNNS) ». Cette mention valorisante est utilisée depuis quelques semaines par Saint Hubert - qui appartient au groupe anglais Crest. a proposé son dossier en septembre 2007. C’est le fruit de la première charte d’engagement signée entre un industriel et l’État. Elle a été rédigée sur la base d’un référentiel établi par un comité de validation du PNNS (cf. encadré), composé de 24 experts en nutrition, marketing, technologie et économie alimentaire.

« Nous avons soumis notre dossier en septembre 2007 mais notre travail d’amélioration des profils nutritionnels de nos produits a démarré il y a longtemps : suppression des acides gras trans à moins de 1% dès 1996, lancement de la gamme oméga 3 en 2002 avec un rapport oméga 6/oméga 3 inférieur à 5 », indique Sylvie Breton, responsable nutrition et affaires réglementaires. En 2006, l’entreprise a aussi supprimé l’huile de tournesol de l’ensemble de ses formules : trop riche en Omega6, elle est aussi déséquilibré quant au rapport oméga 3/oméga 6. Saint Hubert a aussi récemment lancé « 100% Nature », sans allergènes ni conservateurs.

5 à 10% de matières grasses en moins

Dans la charte, Saint Hubert s’engage à réduire de 5 à 10% les matières grasses totales et de 3 à 5% les acides gras saturés sur les produits de sa gamme « St Hubert Oméga 3 » d’ici fin 2009. La référence « Oméga 3 » représente 36 % de sa production annuelle, soit 10 800 tonnes sur 30 000 tonnes.

Sur l’ensemble de la gamme y compris les nouveaux produits, Saint Hubert s’engage aussi à maintenir des qualités nutritionnelles suivantes :
- Limiter les acides gras trans au dessous de 1%, tels que 80% des produits aient une teneur inférieure à 0,5%,
- Limiter la teneur en sel des produits demi-sel à 1,6%,
- Formuler des produits riches en oméga 3 en maintenant un rapport oméga 6/oméga 3 inférieur à 3.

Sourcer et substituer

« Pour tenir ces engagements, nous agirons d’abord sur le choix des huiles utilisées dans nos formulations. Des recherches sur les fibres complexes seront aussi des pistes éventuelles pour remplacer la matière grasse de nos produits, précise Sylvie Breton. Nous améliorerons aussi l’étiquetage de tous nos produits vers des tableaux de valeurs nutritionnelles de type 2 : énergie, lipides, glucides, protides, acides gras saturés, fibres et sel, ainsi que les allégations oméga 3, oméga 6 et le rapport oméga 6/oméga 3. » En interne, Saint Hubert fera la promotion des repères de consommation après de ses salariés.

L’ensemble des engagements et des objectifs seront revus et validés en fin d’année par le Critt Agria Lorraine, région dans laquelle est située le site de production de Ludres (Meurthe et Moselle).

Le label du PNNS

Plusieurs entreprises comme McDonald’s, Coca Cola, Taillefine (Danone), Ferrero, Unilever, Auchan, Monoprix, Carrefour ou encore Casino auraient déjà déposé leur dossier depuis février 2007, date de la publication du référentiel. Le comité aurait donc émis des avis négatifs ou proposé des évolutions. Plusieurs dossiers sont actuellement en cours de réexamens.

Parmi les grands principes énoncés dans le référentiel pour l’élaboration des chartes figurent :
- La conformité par rapport au PNNS2 : augmentation de la consommation de fruits et légumes, de glucides complexes et de fibres tout en réduisant les apports en sucre simples ajoutés de calcium, la réduction des apports en lipides totaux et en sel,
- L’intervention sur la composition nutritionnelle des produits, la création de produits de substitution d’aliments pour lesquels la modération de consommation est préconisée, ou sur la consommation (fréquence, quantité) des aliments,
- L’intervention sur au moins deux tiers des volumes des ventes ou du chiffre d’affaires,
- La vérification par tierce partie des engagements.
Les prochaines chartes labellisées par l’État pourraient intervenir très prochainement notamment avec une grande enseigne de distribution. L’engagement des distributeurs dans cette démarche devrait aussi permettre l’implication plus forte des PME alimentaires via les marques d’enseigne.

Téléchargez le référentiel pour les chartes d’engagements volontaires de progrès nutritionnel du PNNS2 (PDF – 13 pages – 208,2 Ko)

Référentiel : 2/3 des volumes, chiffres à l’appui

Plusieurs grands principes sont posés dans le référentiel concernant les formulations et les volumes de produits. « Les engagement signés dans le cadre des chartes doivent porter à la fois sur les compositions nutritionnelles et concerner au moins deux tiers des volumes ou du chiffre d’affaires », précise Michel Chaulliac, qui assure le secrétariat du PNNS au Ministère de la Santé. Pour les formulations, les efforts attendus concernent les taux de matières grasses, d’acides gras trans, de sucre simples ajoutés et de sel tout en tenant compte de la faisabilité technique. Le référentiel stipule que la règle des 2/3 pourrait être rapportée à 50% du CA ou des volumes pour les petites entreprises afin de ne pas handicaper les structures moins réactives ou sans centre R&D. « Mais les PME produisant en général moins de références, ce critère des 2/3 ne devrait pas être difficile à atteindre », souligne Michel Chauliac. Les chartes prennent aussi en compte les améliorations en terme d’étiquetage. Le référentiel demande aussi le contrôle et l’évaluation par un organisme tierce partite.

« Une chose est certaine, les engagements pris par les entreprises ne se feront pas au détriment de leur chiffre d’affaires. La plupart d’entre elles baliseront certainement chaque étape des évolutions de formulation avec des analyses sensorielles visant à éviter tout refus de la part des consommateurs » indique Jean-Louis Lambert, professeur Enitiaa en retraite et membre du comité de validation.

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