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Décarbonation

Les nouvelles opportunités pour décarboner le transport en agroalimentaire

Le scope 3 est le poste d’émissions de carbone le plus important en agroalimentaire. Le transport fait partie des leviers d'actions pour le réduire. À l’occasion d’une table ronde organisée au Cfia Rennes, Cyril Dronet d’EDF et Marie Porteu de la Morandière de l’ABEA ont fait le point sur les leviers à actionner et les nouvelles opportunités de financement.
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  • Auteur : Marjolaine Cérou
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« Le scope 3, soit toutes les émissions de carbone indirectes, reste le poste le plus important pour les entreprises agroalimentaires. D’après une étude réalisée auprès des intervenants de la filière bretonne, il représente 94 % des émissions de gaz à effet de serre. La logistique et le transport de marchandises se classent en troisième position avec 3,6 % des émissions . Sur ce sujet, nous souhaitons travailler prioritairement sur les leviers de diminution des émissions du transport routier étant donné que c’est le mode le plus utilisé en Bretagne avec plus de 92 % de camions », affirme Marie Porteu de la Morandière, cheffe de projets Environnement de l’ABEA (Association bretonne des entreprises agroalimentaires).

Un contexte réglementaire de plus en plus contraignant

Le sujet mobilise l’Europe, comme en témoigne le contexte réglementaire de plus en plus contraignant. En 2024, la publication du règlement (UE) n°2024/1610 , qui modifie et remplace le texte (UE) n° 2019/1242, a fixé de nouvelles normes de performance en termes d’émissions de CO 2 pour les véhicules lourds . « Ainsi, un camion neuf en vente en 2025 doit avoir des émissions 15 % plus faibles qu’un camion vendu en 2019. Cela va s’accélérer car les prochains jalons fixent des objectifs de réduction de 45 % d’ici 2030, 65 % d’ici 2035 et de 90 % d’ici 2040, toujours par rapport au niveau de 2019 », détaille Cyril Dronet, ingénieur chercheur d’EDF. En complément, la norme Euro 7, publiée en 2024 , sera effective selon un calendrier qui s’échelonne sur plusieurs années : en novembre 2027 pour tous les modèles d’utilitaires neufs, en mai 2028 pour les nouvelles homologations de poids lourds et en mai 2029 pour tous les modèles de poids lourds neufs. La norme Euro 7 sera plus contraignante pour les poids lourds en ce qui concerne les émissions de polluants. « Elle va intégrer de nouveaux polluants pour lesquels de nouveaux systèmes de filtration adaptés devront être installés. De plus, il y aura des exigences en termes de kilométrage sur la durée de vie des véhicules. Résultat, le coût de revient d’un camion thermique sera plus élevé », soulève-t-il. Enfin, le nouveau système d’échange de quotas d’émission (SEQE-UE 2 ou EU-ETS 2 en anglais) aura également dès 2027 un impact sur le secteur, « q ui se traduira par une augmentation du prix du diesel (de 13 centimes le litre en moyenne) », indique l’expert.

 

Table ronde transport
Lors du Cfia Rennes, Marie Porteu de la Morandière de l'ABEA (à droite) et Cyril Dronet, ingénieur chercheur d'EDF (au centre) sont revenus sur les nouvelles solutions et opportunités de financement pour la décarbonation du transport.

Ce contexte demande à la filière d’actionner de nouveaux leviers. « Une grande partie des entreprises du secteur sous-traite la totalité de leur transport. En Bretagne, c’est le cas de 57 % d’entre elles. Cela nécessite une collaboration entre les différents acteurs de la chaîne logistique », observe Marie Porteu de la Morandière. Certaines bonnes pratiques sont déjà déclinées comme l’optimisation du chargement et la mutualisation des transports , à l’image du GIE (Groupement d’intérêt économique) des chargeurs de la Pointe de Bretagne. Cependant, il reste encore des marges de progression sur ces axes en Bretagne . « La recherche de solutions alternatives aux carburants d’origine fossile comme les biocarburants (de type B100 ou GNV) ou encore l’électrification des véhicules font partie des démarches explorées », poursuit l’experte. La formation à l’écoconduite est un autre levier. « L es résultats sont intéressants et rapides, avec 3 à 5 % de carburant économisé à l’année . Le report modal, soit le transfert d’un mode de transport à un autre, est une piste complémentaire à explorer », commente Marie Porteu de la Morandière. Reste à préserver la compétitivité des entreprises. « Les enjeux économiques et financiers sont les freins majeurs. Les investissements nécessaires sont souvent conséquents. Pour avancer, il est primordial d’ aller vers de la collaboration pour trouver des solutions concrètes et pérennes, tout en restant attentif sur les innovations », insiste-t-elle.

De nouvelles fiches CEE pour accélérer l’électrification des flottes

Pour donner cette impulsion, de nouvelles opportunités de financement se dessinent. Le Gouvernement a publié en novembre dernier sa feuille de route logistique et transport de marchandises 2025-2026 , qui est couplée à la création et à la révision de fiches dans le cadre des Certificats d’économie d’énergie (CEE). « Ces nouvelles fiches sont plus simples à mettre en œuvre et sont aussi bien destinées à l’achat qu’à la location d’équipement », souligne Cyril Dronet.
Ainsi, une nouvelle fiche dédiée aux poids lourds (TRA-EQ-129) a été publiée. « Jusque-là, il existait des appels à projets avec des durées limités. Le document intègre les tracteurs et porteurs routiers », précise l’ingénieur chercheur. En complément, le programme Advenir offre une aide financière sous forme de primes pour l’installation de bornes de recharge. Autre modification notable, celle de la fiche CEE dédiée aux véhicules utilitaires légers à usage professionnel (TRA-EQ-114). « Le nouveau périmètre inclut tous les véhicules de catégorie N1 (jusqu’à 3,5 tonnes transportées) », détaille Cyril Dronet.
En ce qui concerne, le fret ferroviaire , qui représente 10 % du transport de marchandises au niveau national, la fiche (TRA-SE-116) en est à sa troisième version. « L’objectif était d’ouvrir de nouveaux flux. M ais le forfait a été dégradé et des travaux sont en cours pour une meilleure valorisation », avance-t-il. Enfin, une nouvelle fiche dédiée au fret fluvial (TRA-SE-117) vient d’être ouverte. « Par ailleurs, il est important de garder en tête que la fiche pour le report modal reste bien valorisée, d’autant plus qu’elle comptabilise le nombre de voyages, et non de kilomètres, ce qui permet de rentabiliser rapidement un achat d’équipement comme une remorque préhensible par pince », poursuit-il. 

À garder également dans le viseur, le programme CEE Remove propose un autre moyen de financement. Lancé en 2023 et porté par l’Ademe, il aide à être accompagné techniquement dans le report modal et le verdissement des flottes. « L’Ademe s’interroge à prolonger ce programme. L’ensemble des financeurs dont EDF y sont favorables, ce qui permettrait d’avoir un second appel à projet à 6 à 8 millions d’euros en fin d’année », envisage Cyril Dronet.

 

LANTECH
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