Qualité

Affichage environnemental : fiabiliser les indicateurs

6 octobre 2014 - Marjolaine Cérou

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a analysé les résultats de l’expérimentation nationale pour l’affichage environnemental des produits agroalimentaires. Le manque d’indicateurs opérationnels dans les analyses de cycle de vie reste le point noir.

De juillet 2011 à juillet 2012, l’affichage environnemental a été expérimenté en France sur certains produits de grande consommation, parmi lesquels figuraient des produits alimentaires. Le gouvernement avait présenté au Parlement le bilan de l’expérimentation en novembre 2013, soulignant la question des spécificités du secteur agroalimentaire et appelant à des approfondissements méthodologiques en vue de poursuivre le développement du projet. Le rapport du Commissariat général au développement durable (CGDD), publié courant septembre, a exploré de nouvelles pistes concrètes susceptibles d’être proposées pour le déploiement de l’affichage environnemental. Le point noir reste les conditions d'application de la méthode par analyse du cycle de vie (ACV), qui fontt encore l’objet de débats.

Développée par la plateforme Ademe-Afnor en 2010, cette méthode a pour but d’évaluer quantitativement des indicateurs relatifs à différents enjeux environnementaux (émission de gaz à effet de serre, consommation d’eau, émission de certains polluants, etc.). Un référentiel a été validé en 2012 par l’Ademe et l’Afnor, mettant en exergue trois enjeux environnementaux majeurs : l’impact sur le changement climatique, la pollution de l’eau et les prélèvements d’eau constituant un stress hydrique. C’est dans cette optique que la base de données Agribalyse a été développée pour les produits agricoles bruts. Pour les produits alimentaires, Acyvia est en cours de développement (lire Process Alimentaire n°1311, Février 2014, p72-73).

Le rapport du CGDD pointe le manque de données et l’absence de pertinence de certains indicateurs. Exemple du critère « biodiversité des produits », pour lequel il n’existe aujourd’hui pas de méthode unique et consensuelle permettant de le calculer. Poursuivre les recherches est aujourd’hui une priorité pour aboutir à un cadre réglementaire de l’affichage environnemental. De plus, les allocations des impacts environnementaux entre produits et co-produits d’une même filière sont toujours en discussion. La question de considérer la valeur économique ou le contenu énergétique n’est toujours pas définie.

Les regards sont aujourd’hui tournés vers l’expérimentation européenne. Initiée en juin 2014, elle définit plusieurs actions prioritaires pour 2016 telles que la mise au point d’un indicateur biodiversité opérationnel. Elle se donne également pour objectif de poursuivre les travaux concernant le stockage du carbone (dans le cadre du programme de recherche Agribalyse2), ainsi que la production de référentiels infra-sectoriels.

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