Qualité

Alimentation infantile : 9 substances jugées préoccupantes par l'Anses

3 octobre 2016 - Marjolaine Cérou

Neuf substances ont été jugées préoccupantes par l'Etude de l'alimentation totale réalisée par l'Anses sur les enfants de moins de trois ans.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a publié le résultat de son étude de l'alimentation totale consacrée aux enfants de moins de trois ans. Sur les 670 substances analysées, la situation a été jugée « préoccupante » pour neuf d'entre elles. L'exposition est ainsi supérieure aux valeurs toxicologiques de référence pour l'arsenic inorganique, le nickel, le plomb et pour les mycotoxines deoxynivalenol et les toxines T2-HT2. Les polluants organiques persistants (dioxines, furanes et PCB) ainsi que les composés néoformés (acrylamide, furane) sont également concernés. Pour l'arsenic inorganique par exemple, le riz et les céréales infantiles apparaissent comme des contributeurs importants. Pour le plomb, ce sont les légumes et l'eau qui sont incriminés. Les teneurs élevées en nickel sont quant à elle reliées à la consommation de produits à base de chocolat chez les enfants de plus d'un an.

L'Anses recommande des actions visant à diminuer l'exposition de la population infantile. Celles-ci passeront par différents leviers dont l'acquisition de connaissances sur l'origine des contaminants et leur dynamique de transfert dans la chaîne alimentaire pour émettre des recommandations aux industriels du secteur agroalimentaire.

Pour sept autres substances (aluminium, cobalt, strontium, méthylmercure, sélénium, cadmium et génistéine), des recommandations visant à diminuer les niveaux d'exposition ont été formulées afin de limiter les niveaux d'exposition.

L'étude Conta-Lait, menée en partenariat avec l'Assistance publique – Hôpitaux de Paris devrait compléter ces résultats. L'Anses a également pour objectif d’approfondir l'évaluation des risques liés aux préparations à l'état nanoparticulaires. En parallèle, l'Agence poursuit également son travail sur la question des perturbateurs endocriniens.

L'Agence a également rappelé l'importance du suivi des recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS), en particulier celle de ne pas diversifier l'alimentation des nourrissons avant six mois. Elle a aussi précisé à nouveau que ce sont le lait maternel ou les préparations infantiles qui permettent de couvrir les besoins du nouveau-né.

Les études de l'alimentation totale de l'Anses ont pour objectif de surveiller l'exposition des populations à un grand nombre de substances présentes dans les aliments (résidus de produits phytosanitaires, contaminants de l'environnement, composés néoformés, toxines naturelles, additifs, éléments traces ou minéraux). L'étude de l'alimentation totale infantile a couvert 97 % du régime alimentaire des enfants de moins de trois ans. Au total, l'exposition alimentaire a été évaluée pour 500 substances. Le risque a été évalué pour 400 substances dont 281 résidus de pesticides. Il s'agit de la première étude d'une telle ampleur sur les moins de trois ans.

Le rapport complet est disponible ici.

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