Une équipe de chercheurs de l’Inrae et de l’école d’ingénieurs de Purpan vient pour la première fois de mettre en évidence un lien entre la contamination de produits céréaliers par la mycotoxine déoxynivalénol et le développement de maladies inflammatoires de l’intestin. Crédit : Adobe Stock.

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Mycotoxines : le déoxynivalénol, facteur de risque d’apparition des maladies intestinales

22 juillet 2020 - Marjolaine Cérou

Une équipe de chercheurs de l’Inrae et de l’école d’ingénieurs de Purpan vient pour la première fois de mettre en évidence un lien entre la contamination de produits céréaliers par la mycotoxine déoxynivalénol et le développement de maladies inflammatoires de l’intestin.

La mycotoxine déoxynivalénol (DON) pourrait augmenter le risque d’apparition de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et en exacerber les symptômes. C’est ce que vient de publier début juillet une équipe de chercheurs de l’Inrae et de l’école d’ingénieurs de Purpan dans un article de la revue Nature.

Produite par des moisissures du genre fusarium, le déoxynivalénol est particulièrement retrouvé dans les céréales et aliments à base de céréales (farine, pain, pâtes…). De précédentes études ont déjà mis en exergue que la mycotoxine a la capacité d’altérer la fonction barrière de l’intestin et de provoquer une réponse inflammatoire. Toutefois, son rôle n’avait jusque-là pas été prouvé dans les troubles provoqués par les maladies chroniques (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) qui sont liées à une inflammation et à l’ulcération de la paroi intestinale, un déséquilibre du microbiote, ainsi qu’à une réponse exacerbée du système immunitaire digestif et de la douleur viscérale.

Les chercheurs sont parvenus à faire le lien avec la mycotoxine, suite à une expérimentation sur des rats. Un groupe de rongeurs a en effet été nourri pendant quatre semaines avec des aliments contaminés par de faibles doses de déoxynivalénol dépourvues de toxicité aiguë. C’est pendant la quatrième semaine que les scientifiques ont constaté l’apparition de colite. Ils ont alors identifié une accentuation plus rapide et plus sévère des symptômes chez les animaux développant une maladie inflammatoire intestinale et exposés au déoxynivalénol, en comparaison du groupe contrôle nourri avec un aliment non contaminé.
Par ailleurs, l’exposition à la mycotoxine chez les animaux ayant une colite a induit entre autres une augmentation de la perte de poids, une inflammation plus importante de la paroi intestinale et une forte augmentation d’entérobactéries dans le microbiote.

Pour aller plus loin, les chercheurs recommandent la réalisation d’études complémentaires pour évaluer ces effets chez l'Homme afin de formuler des conseils diététiques aux patients atteints de maladies chroniques intestinales.

 

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