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Gestion des alertes

Un an de rappels en France et en Europe

Microbiologie, contaminants, allergènes, nouveaux aliments. Décryptage des notifications et perspectives pour les années à venir. 
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  • Auteur : Stéphanie PERRAUT
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À l’occasion de l’édition 2024 de l’événement Elo Qualité, organisé par Process Alimentaire, la rédaction a dressé le bilan des rappels en France, via les fiches publiées sur le site Rappel Conso, et en Europe, par le biais des notifications mises en ligne par le RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed) sur la période allant du 1er novembre 2023 au 31 octobre 2024. En un an, 2151 alertes ont été signalées en France et 5318 au niveau de l’Union européenne. Par rapport à l’année glissante précédente, ces chiffres affichent une hausse de 14 % sur les deux plateformes. Ce qui témoigne de la prise de conscience généralisée des acteurs en matière de risques et, par ricochet, de la multiplication des analyses. 

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Du 1er novembre 2023 au 31 octobre 2024, la microbiologie est la principale cause de rappels en France. (Source : Rappel Conso — Process Alimentaire, 01/11/23- 31/12/24)

Focus sur la France. Les rappels liés à la microbiologie occupent la plus haute marche du podium avec 1219 fiches (57 %). Il s’agit également de la famille de motifs qui enregistre la plus forte croissance en un an (+22 %) puisqu’elle ne comptait que 999 fiches sur l’année précédente. Elle est suivie des défauts de fabrication, de conditionnement ou de logistique (409 fiches soit 19 %) puis des contaminants (386 fiches pour 18 %). Parmi ces derniers, les pesticides sont les plus souvent mis en cause. Un stigmate peut-être de la crise à l’oxyde d’éthylène, qui incite à une vigilance accrue et à davantage d’analyses.
Trois pathogènes expliquent la majorité des rappels pour motif microbiologique. Avec 744 rappels (+ 18 %) en France sur la période étudiée, Listeria monocytogenes sort « grand gagnant ». Il devance largement le deuxième, Salmonella spp. (258 rappels, +35 %). Déjà troisième sur la période 1 er novembre 2022-31 octobre 2023, les Escherichia coli productrices de shigatoxines (Stec) ont donné lieu à un nombre de rappels significativement en hausse (+ 60 %). Nouveauté sur l’année écoulée, 56 des 120 fiches mentionnant ce pathogène précisaient le sérotype ou le sérogroupe. Le reflet des préoccupations du terrain, entre évolutions réglementaires en discussion et progrès des méthodes d’analyses moléculaires. 

L’émergence de Vibrio à suivre

Du côté des matrices alimentaires, le trio de tête est composé des viandes (654 rappels, +30 %), du lait et des produits laitiers (437 rappels, +30 %) suivis des produits de la pêche et de l’aquaculture (268, +50 %).

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Les aliments le plus souvent concernés par des rappels sont les viandes, les produits laitiers et les produits de la pêche et de l’aquaculture. (Source : Rappel Conso — Process Alimentaire, 01/11/23- 31/12/24)

En comparaison à l’année précédente, il se détache du peloton car il regroupe à lui seul 60 % de rappels, contre 52 % sur la période précédente. Ces trois catégories d’aliments sont également les plus sujettes à des non-conformités d’ordre microbiologique, ce qui explique pour partie le phénomène. Une tendance qui pourrait se pérenniser avec l’émergence de nouveaux pathogènes sur le site Rappel Conso. Les Vibrio entéropathogènes (espèces parahaemolyticus, vulnificus et cholerae) entrent avec fracas dans les motifs d’alertes avec 10 fiches sur l’année écoulée, contre zéro sur la période précédente. Ils se retrouvent principalement dans les crustacés et mollusques bivalves provenant de mers chaudes, en Amérique du Sud (Equateur, Honduras, Venezuela), en Asie du Sud-Est (Inde, Vietnam) et dans le Pacifique. « Vibrio ne figure pas dans le règlement CE n°2073/2005 qui indique les critères microbiologiques à respecter dans les aliments. Il est probable que son incidence soit sous-évaluée. Pour autant, le dérèglement climatique risque d’amplifier le phénomène en réchauffant globalement les eaux. La vigilance est donc de mise pour les analyses des matières premières, à déterminer selon l’origine géographique », analyse Audrey Rey, consultante en sécurité des aliments au sein d’Axel Groupe et de Couleurs Qualité.

Les pesticides et mycotoxines sous surveillance

Si les pesticides sont les principaux contaminants à l’origine d’alertes alimentaires, les mycotoxines sont à aussi à surveiller de près. La chaleur et l’humidité atmosphérique favorisent leur développement. 21 fiches de rappel ont été publiées en un an sur Rappel Conso, et 577 notifications sur le réseau européen. Les ochratoxines et aflatoxines sont les molécules réglementées les plus souvent détectées. La Turquie, l’Argentine, les États-Unis et l’Égypte sont les principaux pays dont sont originaires les produits concernés, majoritairement des noix, des fruits et légumes, des céréales et produits de boulangerie, des herbes et des épices. 

Du côté des allergènes, les causes de rappels sont multiples : anomalie d’étiquetage, erreur de recette ou de conditionnement, altération (en ce qui concerne l’histamine) ou défaut de dosage (pour les sulfites). En France comme au niveau européen, 100 à 160 situations d’alerte sont signalées chaque année. Sur l’année écoulée, les trois allergènes les plus souvent mis en évidence sont le sésame, le lait et le gluten. Le nombre de rappels liés à leur présence fortuite dans les aliments pourraient réduire dans les années à venir. Au niveau mondial comme dans l’Union européenne, de nouvelles méthodes et textes réglementaires visent à réduire l’étiquetage de précaution.

La question des nouveaux ingrédients

En France, 39 fiches rappels ont été publiées en une année du fait de la mise en œuvre d’un nouvel aliment non autorisé dans le cadre du règlement UE n°2015/2283, dit « Novel food ». Le nombre est modeste, mais en forte croissance comparativement à l’année précédente (+ 387 %). Deux familles de produits ont flambé, autant d’ingrédients « tendance », le pois bleu (ou pois papillon) et les cannabinoïdes . Dans son bilan 2023, l’ACN (Réseau européen d’alerte et de coopération) exprimait déjà son inquiétude face à la hausse des alertes liées à la présence de CBD ou de Delta-9-THC dans les aliments. Sur l’année civile 2023, 128 notifications ont été publiées par la RASFF alors qu’en parallèle une vingtaine de demandes d’autorisation sont en cours d’évaluation par l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments). «  En l’absence de réglementation harmonisée, des autorisations dérogatoires sont parfois délivrées au niveau national. Ce fut le cas en France pour le Tenebrio avant les autorisations Novel food  », indique Audrey Rey. À noter également que le catalogue Novel food , accessible sur le site Web de la Commission européenne, dispense des précieuses informations quant aux aliments déjà ou en cours d’évaluation. 

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