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Authenticité

TrackInOil part en quête des fraudes dans les huiles marines

Le nouveau laboratoire commun « TrackInOil », inauguré à Ploudazé (29), entend développer des outils de profilage moléculaire et d’identification de signature isotopique qui permettraient de contrôler l’origine et la qualité des lipides issus des produits de la mer.
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  • Auteur : Stéphanie PERRAUT
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La PME française Polarise, spécialisée en chimie des lipides, et le laboratoire des sciences de l’environnement marin (Lemar, CNRS/Université de Bretagne Occidentale/IRD/Ifremer) ont inauguré fin 2024 à Plouzané (29) le laboratoire commun « TrackInOil » financé par l’Agence nationale de recherche (ANR) à hauteur de 362 k€. Son objectif est de mettre au point une nouvelle méthode de certification des lipides issus des produits de la mer. 

Utilisés dans de nombreux domaines industriels, dont les compléments alimentaires et la nutrition santé, ces huiles peuvent faire l’objet de comportements frauduleux car leur qualité et leur origine peuvent entraîner de grandes différences de prix. 
Ceux des huiles qui contiennent des lipides à forte valeur ajoutée tels que les omégas 3 ( EPA et DHA, des lipides qui jouent un rôle essentiel sur les systèmes cardiovasculaire et immunitaire, les capacités cognitives, la vision et le développement du fœtus et de l’enfant ), le squalène , les stérols et les caroténoïdes , peuvent par exemple varier du simple au quadruple selon leur origine biologique ou géographique. « Historiquement, nos huiles venaient de coproduits de pêche, en particulier de poissons gras, dans lesquels l’EPA et le DHA se trouvent en grande quantité », illustre Louis-Marie Martin, directeur des opérations de Polaris. « Puis, nous nous sommes dirigés vers une autre source : les microalgues. Il s’agit de produits deux fois plus riches en EPA et DHA et qui sont d’origine 100 % végétale . »

Des outils de traçabilité et une lipidothèque de référence

Ces lipides marins sont mis en œuvre sur des segments de marché en pleine croissance et à forts enjeux de traçabilité comme le lait infantile, la nutraceutique, les industries cosmétiques et pharmaceutiques. Dans le même temps, les méthodes d’extraction et de purification appliquées par les industriels producteurs d’huiles peuvent masquer leur origine biologique (végétale/poisson/micro-algue) et géographique (zones de pêches et de production). Ce qui complexifie l’authentification avec les techniques analytiques standard.

Le but de TrackInOil sera de développer des outils innovants de profilage moléculaire et d’identification de signature isotopique des ingrédients lipidiques issus de produits de la mer. Il bénéficiera de l’expérience de la plateforme Lipidocean, composante du Lemar, qui analyse les lipides marins depuis 30 ans. « Nous nous démarquons par notre capacité à analyser finement tous les types de lipides marins sur différentes matrices biologiques, du phytoplancton aux poissons, en passant par les bivalves ou les ormeaux. Et leur composition est plus complexe que celle des lipides terrestres », présente Philippe Soudant, directeur de recherche CNRS au Lemar. « En parallèle du développement de ces outils de traçabilité, une lipidothèque de référence sera mise en place afin d’assurer une veille scientifique du marché sur les ingrédients émergents et leurs origines . Enfin, le laboratoire commun mettra en place des procédures d’assurance qualité pour répondre aux normes internationales », précise-t-il. 

Une première collaboration fructueuse en 2017

Ce projet fait suite à une première collaboration fructueuse, en 2017. « À l’époque, nous avions reçu une huile présentée comme 100 % microalgue, toutefois, nous avions des interrogations sur sa composition et sa réelle origine », se souvient Louis-Marie Martin. « Nous avons alors fait appel aux équipes de Philippe Soudant, dont l’analyse a finalement confirmé nos soupçons : il s’agissait en réalité d’un mélange d’huiles de microalgues et de poissons. » Dans le prolongement de ces travaux, les deux structures ont lancé le projet Lipotrace, dans le cadre du plan France Relance , avec l’ambition de répondre à un enjeu majeur, celui de la traçabilité des huiles commerciales d’origine marine. « Il est primordial de pouvoir vérifier ce qu’avance un fournisseur », affirme Louis-Marie Martin. « Le produit est-il véritablement issu de poissons sauvages ? Ou sans OGM ? Bien sûr, il existe des labels de certification, mais ceux-ci reposent majoritairement sur les documents fournis et des audits ponctuels. Nous souhaitons aller plus loin, à l’aide d’outils permettant de contrôler régulièrement ces informations. »

Une prestation d’analyse et de certification de l’origine

Enfin, la finalité de TrackinOil est de créer une structure de certification capable de contrôler précisément les origines biologiques et géographiques d’un produit et de délivrer un label de traçabilité. Une mission qui reposera sur les résultats du projet Lipotrace, qui ont entraîné le dépôt d’un brevet, et sur la lipidothèque continuellement enrichie. « Nous comptons aussi aller plus loin qu’une simple prestation d’analyse, en proposant aux industriels des conseils et des services d’accompagnement répondant véritablement à leurs besoins », ajoute Philippe Soudant. Les équipes de Polaris et du Lemar entendent lancer cet organisme de certification dès que possible . Celui-ci ne proposera d’abord que les méthodes d’analyse suffisamment matures (en particulier sur l’EPA et le DHA), avant d’étendre son champ d’études via les nouveaux outils développés.
 

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