Initialement prévue en 2021, l’usine de Liffré (35) n’est toujours pas sortie de terre.

Bridor toujours chahuté sur le projet de Liffré près de Rennes

14 novembre 2022 - Marjolaine Cérou

Initialement prévue en 2021, l’usine n’est toujours pas sortie de terre. Alors que de nouveaux opposants au projet se manifestent, la filiale du groupe Le Duff annonce de nouveaux investissements en Europe et aux Etats-Unis.

C’est un feuilleton sans fin. Au départ prévu pour une mise en service en 2021, le chantier de l’usine Bridor de Liffré (35) n’a toujours pas démarré. Le projet, dont l’objectif est de renforcer les capacités de production actuelles des sites de Servon-sur-Vilaine (35) et de Louverné/Laval (53), pour la fabrication de produits de boulangerie traditionnelle et de viennoiserie-pâtisserie, est toujours en attente de son permis de construire. 

Plusieurs opposants au projet se sont réunis le samedi 5 novembre dernier à Liffré, et le samedi 12 novembre au siège de Bridor près du centre Alma à Rennes pour manifester leur mécontentement. « Bridor est toujours en attente du caractère définitif de ce permis de construire, à l’issue des procédures, afin de pouvoir débuter les travaux », indique la filiale du groupe Le Duff. Ce plan d’investissement a initialement pour objectif de soutenir la croissance de Bridor qui effectue 70 % de ses ventes à l’export et à l’étranger.

Les délais conduiraient ainsi l’autorisation de construire à 2025, auxquels il sera nécessaire d’ajouter deux ans de travaux, soit 2027 pour une ouverture possible de site. « Malgré un démarrage du projet en 2017, il n’y aura pas d’ouverture avant 2027 au plus tôt », déplore Louis Le Duff, président du groupe. 

A ce jour, le projet de Liffré n’est pas abandonné. « Je reste toujours mais combien de temps encore ? Je ne dis pas que c’est fini à Liffré, mais dans l’immédiat, nous sommes obligés de trouver des formules palliatives », a indiqué le président à nos confrères du Télégramme. En attendant de voir la situation se débloquer, Bridor vient ainsi d’annoncer l’acquisition de deux usines aux Etats-Unis et au Portugal. 

Trois projets complémentaires aux Etats-Unis, au Portugal et en Allemagne

Pour répondre aux besoins du marché américain, Bridor a acheté en juin une usine dans le Connecticut. Les capacités du site de Montréal ont également été doublées.  Ce qui devrait permettre de progressivement diminuer l’export depuis la Bretagne, l’Amérique devenant autonome, en production, en vente, et en service clients.

Quant à l’usine de pains et viennoiseries au Portugal, elle est de la même taille que le projet de Liffré. Ce nouveau site va permettre de livrer l’Europe du Sud, le pourtour méditerranéen, l’Afrique et l’Amérique du Sud, directement depuis le port de Lisbonne. « Nous devons continuer à nous développer et à répondre à la demande de nos clients. Dans nos usines actuelles, nous fonctionnons déjà 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Je me dois aussi de veiller à mes salariés dont 70 % ont bénéficié d’une ascension professionnelle », confie Louis Le Duff.

Un troisième site spécialisé dans la production de pains est en construction dans les environs de Düsseldorf pour répondre à la demande de l’Allemagne et de l’Europe centrale. L’ensemble de ces trois sites représente la création de 3000 emplois, dont près de 1800 emplois directs et 1200 emplois indirects. « Des emplois qui auraient pu être créés à Liffré », rappelle son président. 
Prochaine étape immédiate pour le leader de la boulangerie-pâtisserie : purger le permis de construire des recours. 
 

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