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Coopératives laitières : "la distribution ne prend pas ses responsabilités"

23 avril 2013 - Anne-Katell Mousset

Dominique Chargé président de la FNCL a appelé plusieurs fois les distributeurs à prendre leurs responsabilités en faisant passer des hausses de prix nécessaires au secteur laitier

Jeudi 18 avril, la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) a tenu une conférence de presse en marge de son assemblée générale afin de revenir sur l’actualité du moment : la hausse du prix du lait demandée par les producteurs et les difficultés de négociation avec la grande distribution.

"Nous souhaitons que chacun assume son rôle !". C’est en résumé le message prodigué par Dominique Chargé en qualité de président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL). Il a appelé plusieurs fois les distributeurs à "prendre leurs responsabilités". La demande est en substance la même que celle délivrée par l’Ania, la Coop de France, la FNSEA et Ilec le 11 avril dernier : il faut que les distributeurs appliquent réellement la LME et des sanctions doivent être prises contre les enseignes qui ne respectent pas les règles des négociations commerciales.

"Cette loi est trop fragile. Elle est sujette à interprétation et notamment par la distribution ! Nous demandons son durcissement afin de rendre impossible le contournement des conditions générales de ventes. Il faut que les fournisseurs puissent appliquer leurs tarifs comme base de négociation, sinon c’est le retour des marges arrières", explique Dominique Chargé.

Pour le secteur laitier, le contexte est encore plus tendu que pour les autres produits alimentaires. "Il y a bien sûr la demande à court terme des producteurs d’une revalorisation du prix du lait, explique Dominique Chargé. Les 3 centimes réclamés par la profession sont justifiés, mais ils doivent absolument être répercutés par la grande distribution".

La grande distribution a "capté de la valeur ajoutée"

L’autre problème pour la FNCL est que la grande distribution, depuis 2008, refuse de faire passer les augmentations de prix liées aux hausses des charges. "La distribution a capté de la valeur ajoutée depuis 2008 et l’a conservée. Alors que les marges de la distribution sont stables, la tension est extrêmement forte pour les exploitants et les industriels. Nous avons un problème majeur sur ce sujet avec la grande distribution".

C’est donc, à moyen terme, une hausse bien plus importante qui est réclamée par les industriels aux distributeurs. "Il y a un retard énorme qui a été accumulé au niveau des tarifs. Là où les prix de vente consommateurs de tous les produits alimentaires ont augmenté de 2,4% depuis 2008, les produits laitiers n’ont augmenté que de 0,5%", poursuit-il.

Le risque ? "A court terme, que le prix du lait ne soit plus à la hauteur des attentes des producteurs. Mais à moyen et long terme, c’est une fragilisation de la filière dans son ensemble qui est à craindre. Nous n’aurons plus la capacité d’investir, d’innover pour aller chercher de nouveaux marchés, et bien sûr des conséquences sur l’emploi sont à craindre". Quant aux distributeurs, Dominique Chargé l’affirme : "le principal risque est une pénurie de matière, si le marché mondial continue de tirer et que la grande distribution n’accepte pas les hausses de prix".

La FCD refuse que les industriels augmentent leurs marges

Face au blocage de la situation de la filière, un modérateur avait été nommé par le gouvernement pour tenter de trouver un accord. Il est toujours au travail. Du côté de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), pas question d’accepter toutes ses hausses de prix. Les distributeurs se disent attentifs aux difficultés des éleveurs, mais ils se positionnent une fois de plus comme défenseurs du pouvoir d’achat des consommateurs.

La FCD a notamment souligné dans un communiqué du 18 avril qu’ : « achetant les produits laitiers à des industriels et non aux éleveurs, les enseignes demandent aux industriels de s’engager à reverser l’intégralité des hausses consenties aux éleveurs, en toute transparence ».

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