Les industriels, grands oubliés de l’accord sur le prix du lait

30 avril 2013 - Pierre Christen

Le gouvernement a arraché un accord entre producteurs, transformateurs et distributeurs sur une hausse du prix du lait payé aux éleveurs. Les industriels déplorent que la question de leurs marges et des difficultés liées aux négociations commerciales soit écartée du débat. Photo : Archives Process Alimentaire.

Menées sous l’égide de Francis Amand, médiateur des relations commerciales agricoles, les négociations entre producteurs, transformateurs et enseignes de grande distribution ont abouti à un accord pour valoriser rapidement le prix du lait. C’est une conséquence de la hausse du prix des céréales intervenant dans l’alimentation animale. « Depuis le début de l’année le prix d’achat du lait de vache payé aux producteurs est inférieur au prix du lait constaté sur le marché et ne permet plus aux producteurs de couvrir leurs charges », affirme le médiateur.

Dans un communiqué publié le 26 avril par le Ministère de l’Agriculture, l’accord obtenu implique une hausse technique au 1er juin 2013, acceptée par la grande distribution, de 3 centimes par litre de lait pour le lait de consommation et de 2 centimes par litre de lait incorporé dans les produits transformés. Cette augmentation s’appliquera jusqu’au 31 décembre 2013.

La contrepartie pour les transformateurs, privés et coopérateurs, est de s’engager à fixer des prix d’achat aux producteurs de lait leur octroyant une hausse de 25 euros par 1000 litres en moyenne annuelle sur la totalité de l’année 2013. Un relèvement immédiat de même ampleur est prévu pour le lait collecté à compter d’avril. Les différents acteurs de la filière sont appelés à confirmer leur engagement. Ce qu’ont déjà fait certaines enseignes comme Auchan et Carrefour.

Quid des transformateurs ? Le médiateur précise bien que cette hausse est indépendante des négociations commerciales réalisées entre chaque enseigne et ses fournisseurs. Et c’est bien là que le bât blesse. Parallèlement à la diffusion des conclusions de l’accord, la FNCL, qui représente les coopératives laitières, a réagi en affirmant que les mesures envisagées sont « clairement insuffisantes pour assurer la reconstitution des marges des transformateurs ». La fédération rappelle que leurs marges nettes sont inférieures en moyenne à 1 %, certains segments travaillant même à perte depuis un an.

Les industriels gardent en ligne de mire la nécessité de mieux faire appliquer la Loi de modernisation de l’économie (LME). Ce qui passe par la réelle application des mesures présentes dans le texte, leur contrôle effectif associé à des sanctions dissuasives à l’encontre des distributeurs, en cas de non-respect. C’est en substance le message porté par les différentes interprofessions agroalimentaires auprès du gouvernement. Celui-ci a lancé une série de consultations en vue du prochain projet de loi sur la consommation. Il semblerait qu’une évolution de la LME soit envisagée, notamment pour mieux prendre en compte les variations brusques des cours des matières premières.

Process Alimentaire - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

● Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
● Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
● Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois