Douche froide pour la volaille export

22 janvier 2013 - Anne-Katell Mousset

Cette baisse de 50% des aides à l'export représente une perte de 25 millions d'euros pour les industriels concernés.

La décision annoncée par la Commission européenne en fin de semaine dernière est tombée comme un coup de massue pour la filière volaille française export : le montant des aides passe de 217 euros par tonne à 108,5 euros. Une baisse de moitié en ce début d’année, alors que le montant avait déjà été diminué en octobre 2012 (passant de 325 euros à 217 euros).

La Commission justifie sa décision par le dynamisme actuel du marché de la volaille. En clair, les restitutions ne seraient pas aussi nécessaires dans un contexte où les exportations ont augmenté de 44% entre 2008 et 2011. Mais les intéressés font eux entendre un autre son de cloche.

Pour la FIA (Fédération de industries avicoles), les arguments retenus par la Commission européenne sont « non fondés ». En effet, « ils ne tiennent pas compte de l’évolution défavorable de la parité euro/dollar, de la récente et forte augmentation du fret maritime, du coût élevé des matières premières et de la réalité des marchés ». Même constat pour la CFA (Confédération française de l’aviculture) pour qui cette décision repose « sur une perception erronée de la réalité de la situation ».

Doux, principal concerné

Et si la situation est inquiétante, c’est aussi parce que le principal bénéficiaire de ces aides n’est autre, avec Tilly Sabco, que le volailler Doux, spécialiste de l’export. L’industriel dont la dette culmine actuellement à 290 millions d’euros est toujours en période d’observation. Interrogé dans Le Télégramme du 1 décembre dernier, Arnaud Marion, manager de la transition, détaillait son plan de continuation de l’activité et se montrait optimiste, indiquant que le « redressement est possible ». Il table en 2013 sur un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros (excédent brut de 26 millions d’euros, dont 20 à l’export). Mais la baisse des aides à l’export risque d'altérer ces prévisions et au final de fragiliser davantage le géant de la volaille. L’an dernier, sur la période octobre 2010 - octobre 2011, le groupe avait touché près de 55 millions d’euros de restitution.

Si la fin de ces aides à l’export est un serpent de mer dans le milieu de la volaille, cette forte baisse tombe donc au plus mauvais moment. Alors que l’été dernier leur suppression avait déjà été envisagée par Bruxelles, le gouvernement français avait plaidé pour « laisser à cette filière le temps nécessaire pour continuer à s’adapter afin d’être moins dépendante de ces aides »

A l’automne, le Délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l’agro-industrie a été chargé d’une mission sur l’avenir de la filière avicole française. Elle doit rendre ses conclusions fin mars.

Les opérateurs concernés et les ministres chargés de l’agriculture et de l’agroalimentaire se sont rencontrés afin de mettre au point un argumentaire contestant cette décision et demandant à la Commission de faire machine arrière.

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