Terrena va prendre une part majoritaire dans le groupe Doux

26 mai 2015 - Pierre Christen

 

Présent dans plus de 100 pays, Doux peut notamment s'appuyer sur une position forte au Moyen-Orient, et particulièrement en Arabie Saoudite avec une part de marché de 31 % dans la distribution moderne grâce à son actionnaire et client Al Munajem Coldstores.

Didier Calmels avait annoncé la couleur dès 2013 et sa prise de participation dans le groupe breton Doux : il n’avait pas vocation à rester. S’il était entendu que ce spécialiste des restructurations allait respecter sa parole, il était beaucoup moins sûr que son désengagement ne se ferait pas au profit d’un groupe chinois ou brésilien. C’est finalement une solution franco-française qui l’a emporté, Didier Calmels évoquant dans une interview accordée au Figaro "un devoir moral envers les salariés et les Pouvoirs publics".

Terrena vient en effet de signer un accord d'exclusivité avec D&P Participations (filiale de la holding de la famille Calmels) en vue du rachat de sa participation. La coopérative basée à Ancenis prendrait ainsi possession de 52,5 % du groupe Doux, les autres actionnaires et leurs parts respectives restant stables : la famille Doux (22,5 %) et le Al Munajem (25 %). Cette opération se fait avec l'accompagnement de Sofiprotéol (branche financière d'Avril).

C'est le numéro 5 européen de la volaille qui va émerger de cette alliance. Pour le groupe coopératif Terrena, cette opération le conduirait à absorber le troisième acteur français de la volaille. Doux, basé à Châteaulin (29), a réalisé 457 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014. Il est présent sur le grand export (notamment au Moyen-Orient) et les produits élaborés (sous marque Père Dodu). De son côté, Gastronome, la filiale volailles de Terrena, pèse 850 millions d'euros en 2014. L'union Doux - Gastronome constituerait une entité dépassant 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires, comblant en partie le retard sur le géant LDC (CA 2014 :3,02 milliards d'euros), qui a de son côté noué en octobre 2014 un accord avec Glon (Lire ici).

Cette acquisition bénéficie d'un marché de la volaille en croissance porté par une consommation mondiale dynamique. La baisse de l'euro relativement au dollar et celle des prix des céréales ont largement profité au volailler breton, consécutivement à une restructuration ayant conduit à la suppression d'un millier d'emplois (séparation du pôle frais). Présent dans plus de 100 pays, Doux peut notamment s'appuyer sur une position forte au Moyen-Orient, et particulièrement en Arabie Saoudite avec une part de marché de 31 % dans la distribution moderne grâce à son actionnaire et client Al Munajem Coldstores. Le soutien du groupe saoudien a été déterminant. Son entrée au capital à l'automne 2014 a été l'étape décisive de la consolidation du groupe volailler, après la fin du redressement judiciaire en novembre 2013.

Pérenniser la filière export, reconquérir le marché intérieur

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a salué le travail effectué par D&P depuis 2012 pour éviter la liquidation judiciaire du groupe puis redresser l'activité export et lui redonner de la rentabilité. Selon les mots du ministre, cette opération ouvre de nouvelles perspectives. D'abord en pérennisant la filière export. Ensuite, en consolidant un grand acteur, l'une des conditions de la reconquête du marché intérieur de la volaille. Rappelons que les importations de volailles en France ont progressé de 15 % sur la période 2000-2014 tous circuits de commercialisation confondus. « Cette opération est une excellente nouvelle pour la filière volaille française », a commenté le ministre.

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