Entente dans la charcuterie : qui doit payer quoi ?

17 juillet 2020 - Pierre Christen

Le 16 juillet, l’Autorité de la Concurrence a publié sa décision relative à des pratiques mises en œuvre dans le secteur des achats et ventes des pièces de porc et de produits de charcuterie. Trois pratiques anticoncurrentielles ont été établies :

  • Entente entre concurrents sur le prix du jambon sans mouille, utilisé pour fabriquer des jambons cuits,
  • Entente entre concurrents sur le marché de la commercialisation de produits de charcuterie crus, sous marque de distributeurs et premiers prix,
  • Entente entre concurrents sur le marché de la commercialisation de produits de charcuterie cuits, sous marque de distributeurs et premiers prix.

Le total des sanctions s’élève à plus de 93 millions d’euros, avec des montants notamment significatifs pour Fleury Michon (en incluant Charcuteries cuisinées du Plélan), Agromousquetaires (Salaisons Celtiques, S.C.O.) et Cooperl (en incluant Brocéliande), qui compte faire appel.

A noter, Campofrio (Aoste), premier demandeur de la procédure de clémence, se voit tout de même infligé une sanction d’un million d’euros pour avoir omis d’informer les services d’instruction de la tenue d’une réunion anticoncurrentielle en avril 2013. Le groupe Coop, second demandeur de clémence, bénéficie quant à lui d’une exonération totale de sanctions.

 

Jambon sans mouille :

Le consensus portait sur la variation de prix au marché d’intérêt national de Rungis. Le montant des sanctions est de 21,428 millions d’euros et se répartit comme suit :

  • Charcuteries cuisinées du Plélan : 6,731 millions d’euros,
  • Fleury Michon LS : 8,03 millions d’euros,
  • Salaisons Celtiques : 6,667 millions d’euros.

 

Produits de charcuterie crue :

Selon l’Autorité de la Concurrence, entre le 8 avril 2010 et le 30 avril 2013, des accords et pratiques concertées, via des réunions secrètes et des échanges bilatéraux, pour faire passer des demandes de hausses de prix de vente auprès des enseignes de la grande distribution et se concerter sur les offres en prix à proposer en réponse aux appels d’offres de ces enseignes. Le montant total des sanctions est de 10,15 millions d’euros et se répartit comme suit :

  • Aoste SNC : 892 000 €
  • Bell France : 1 125 000 €
  • France Salaisons : 350 000 €
  • Les Monts de la Roche : 116 000 €
  • Maison de Savoie : 689 000 €
  • Etablissements Rochebillard et Blein (Peguet Savoie) : 44 000 €
  • Salaisons du Mâconnais : 1 000 €
  • Salaisons Moroni : 108 000 €
  • Salaisons Polette et Cie : 3 367 000 €
  • Saloir de Virieu : 14 000 €
  • Sapresti Traiteur : 87 000 €
  • Souchon d’Auvergne : 2 257 000 €
  • Val de Lyon : 814 000 €

 

Produits de charcuterie cuite :

Selon l’Autorité de la concurrence, des accords et pratiques concertées, dans le cadre d’échanges bilatéraux, ont eu lieu entre le 2 juillet 2010 et le 7 juin 2012, pour se concerter sur les offres en prix à proposer, notamment en réponse aux appels d’offres des enseignes de la grande distribution. Les sanctions infligées s’élèvent à 61,459 millions d’euros.

  • Aubret : 0,75 million d’euros
  • Brocéliande – ALH : 25,763 millions d’euros
  • Cooperl Arc Atlantique : 9,767 millions d’euros
  • Herta : 0.096 million d’euros
  • Salaisons Celtiques : 7,338 millions d’euros
  • Salaisons du Guéméné : 2,32 millions d’euros
  • S.C.O (Monique Ranou) : 15,425 millions d’euros

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

  • Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
  • Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
  • Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois