Environnement : La Normandise poursuit sa dynamique vertueuse

4 novembre 2020 - Pierre Christen

Lauréate du prix Energ’IAA 2020, l’entreprise normande, spécialiste des aliments pour chats et chiens, vise désormais la certification Iso 14 001. Surfant sur un marché en croissance, elle continue d’investir tous azimuts, plus de 13 millions d’euros par an. Elle est en cours de recrutement d’une trentaine de salariés principalement en maintenance.

 

Les dirigeants Jean-Charles (tout à gauche) et François (tout à droite) Duquesne, aux côtés de Frédéric Danjou, responsable ateliers pochons (sachets fraïcheur) et Yohann Rizi, responsable énergies. Le trophée du prix Energ'IAA 2020 a été réalisé par le sculpteur Gil S.

Les dirigeants Jean-Charles (tout à gauche) et François (tout à droite) Duquesne, aux côtés de Frédéric Danjou, responsable ateliers pochons (sachets fraîcheur) et Yohann Rizi, responsable énergies. Le trophée du prix Energ'IAA 2020 a été réalisé par le sculpteur Gil S.

Au printemps 2020, une page s’est tournée pour La Normandise, avec le départ à la retraite de Catherine Duquesne, co-fondatrice avec son mari Christian d’une entreprise devenue la plus importante du bassin de Vire dans le Calvados et qui a su trouver sa place sur le marché mondial en plein essor des aliments pour chats et chiens. « Du fait du confinement, il n’y a pas eu de célébration, mais cela correspondait bien à nos parents qui sont pudiques. La transmission a été progressive, de l’opérationnel au haut de bilan », affirme Jean-Charles Duquesne, aux commandes de l’entreprise avec son frère.

« François s’occupe du comment, et moi du quoi », résume-t-il. Ingénieur en génie électrique et industriel, François Duquesne joue un rôle moteur pour prolonger le haut niveau technologique de l'une des rares entreprise agro labellisée Vitrine Industrie du Futur. Le niveau d’investissement annuel est de plus de 13 millions d’euros par an. De son côté, Jean-Charles Duquesne, vétérinaire, a pris le relais de son père pour veiller scrupuleusement au respect de l’équilibre des recettes.

Lors du premier confinement, l’entreprise a fait preuve d’agilité. L’activité s’est maintenue, malgré quelques difficultés d’approvisionnement. « Au niveau du grand export, qui représente 20 % de notre activité, tout a repris dès la mi-juin », précise Jean-Charles Duquesne. Après 112 millions d’euros en 2019, La Normandise compte atteindre un chiffre d’affaires de 122 millions d’euros cette année. Soit 580 millions de pochons (sachets fraîcheur), 160 millions de barquettes et aussi 1000 tonnes de croquettes.

Une stratégie environnementale forte

Lauréate du prix Energ’IAA 2020, organisé par Process Alimentaire, avec le soutien d’EDF, La Normandise porte une ambitieuse politique de performance énergétique et environnementale. « Nous voulons continuer de développer notre culture environnement », affirme François Duquesne. La concrétisation la plus visible est la station de méthanisation qu’elle a portée aux côtés d’une quarantaine d’agriculteurs. Depuis le 17 février, La Normandise envoie une partie de sa chaleur fatale vers la station à travers un réseau de tuyauteries (5 km aller/retour). Ces calories proviennent de l’eau de refroidissement (à plus de 50 °C) de la vingtaine de stérilisateurs ainsi que de la récupération de chaleur sur les groupes froid. En septembre, la station a commencé à injecter le biogaz, avec l’ambition de produire 23 000 MWh/an. La Normandise utilise une partie de ce biogaz en autoconsommation. Elle a aussi commencé à envoyer à la station ses sous-produits de catégorie 3. Une boucle vertueuse.

 

La station de méthanisation est alimentée en calorie par l’eau à 55°C issue de l’eau de refroidissement des stérilisateurs. Si cette chaleur s’avère insuffisante, l’énergie provenant de la récupération de chaleur sur les groupes froid est acheminée.

La station de méthanisation est alimentée en calorie par l’eau à 55°C issue de l’eau de refroidissement des stérilisateurs. Si cette chaleur s’avère insuffisante, l’énergie provenant de la récupération de chaleur sur les groupes froid est acheminée.

De multiples améliorations illustrent la stratégie de performance énergétique. « Le projet le plus important reste la récupération de chaleur fatale en interne », souligne Frédéric Danjou, responsable de l’activité pochon (sachets fraîcheur). Outre la fraction du flux dédiée à la station de méthanisation, la partie qui est à 30-55 °C est valorisée en interne en préchauffant l’eau de ville avant injection dans les stérilisateurs. Autre amélioration clef, des gains significatifs sur les consommations de gaz ont été générés grâce à la vidange complète des fonds d’eau de stérilisation. « Cela évite d’avoir à réchauffer 2 à 3 m3 pour le cycle suivant », indique Yohann Rizi, responsable énergies.

 

our mesurer ses consommations énergétiques, La Normandise s’appuie sur une GTC (Gestion Technique Centralisée). Celle-ci inclut la GTC initialement développée par Utilities Performance (chaudière et compresseur). Elle a été en partie intégrée par Actemium. Elle évolue désormais grâce à l’équipe interne de six développeurs.

Pour mesurer ses consommations énergétiques, La Normandise s’appuie sur une GTC (Gestion Technique Centralisée). Celle-ci inclut la GTC initialement développée par Utilities Performance (chaudière et compresseur). Elle a été en partie intégrée par Actemium. Elle évolue désormais grâce à l’équipe interne de six développeurs.

Certifiée Iso 50 001 depuis 2014, l’entreprise applique à l’eau la méthode de management de l’énergie. « « Nous avons réduit nos consommations d’eaux usées de 30 %. Nous travaillons aussi sur les eaux de process pour mieux maîtriser débit et pression », affirme Frédéric Danjou. Fort de ces résultats, l’entreprise vise à terme la certification Iso 14 001. Elle recrute à ce titre deux ingénieurs/techniciens (environnement et énergie).

La dynamique de recrutement

La Normandise emploie 605 personnes en CDI-CDD, dont 52 % de femmes. Une trentaine de postes sont ouverts. « Nous recherchons des techniciens de maintenance, le nerf de la guerre », précise François Duquesne. Ce service compte 61 salariés pour un objectif de 70 à terme. « C’est plus de 10 % de l’effectif, ce qui illustre notre mode de production très automatisé », ajoute-t-il.

Sont aussi recherchés des conducteurs de ligne, pour une nouvelle ligne de préparation de viande. Le sujet clef de l’année 2021. « Nous avons besoin de gens de tradition bouchère ou boulangère que l’on formera à l’industrie. Ce qui importe c’est qu’ils aient le sens du produit », affirme François Duquesne. La Normandise recherche également des commerciaux itinérants.

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