Inflations records : les fabricants de sirops appellent les distributeurs à la solidarité

24 janvier 2022 - Karine Ermenier

Tributaires des hausses combinées du coût des fruits, du sucre, de l’acier, du verre et de l’énergie, les fabricants de sirops craignent pour leur survie. Et appellent la grande distribution à faire œuvre de solidarité en concédant la répercussion d’une partie de ces surcoûts sur les prix de vente.

30 centimes d’augmentation maximum par bidon ou bouteille, soit un euro d’impact sur l’année pour la moyenne des foyers qui achète trois bidons de sirop par an. Voilà ce que pourrait coûter aux consommateurs la répercussion de la hausse conjuguée de toutes les matières premières et énergies que subissent aujourd’hui les fabricants de sirop. Réunis au sein du Syndicat français des sirops, les Teisseire, Monin, Routin, Meneau, Eyguebelle, Pagès et autres Slaur Sardet, se sont fendus d’un communiqué pour alarmer leurs clients de la grande distribution des conséquences qu’auraient un refus de concéder des hausses au nom de la défense du pouvoir d’achat des consommateurs.

De façon très factuelle, les fabricants ont ainsi égrené les hausses auxquelles ils doivent faire face :

  •  Sur les emballages : + 50 % pour le prix du bidon en acier ou aluminium, +15 % pour la bouteille verre, + 25 % pour la bouteille en PET en 2021 avec un risque d’augmentation de + 50 % en 2022
  • Sur le sucre : l’indice FAO des prix du sucre a bondi de 40 % depuis novembre 2021.
  • Sur les fruits : + 134 % sur le cassis, + 170 % sur la framboise bio, + 176 % pour l’assemblage de fruits entrant dans la composition de la grenadine, + 53 % pour la pêche.

« Les matières premières sont tributaires de hausse des cours internationaux inédites. Elles sont engendrées par les perturbations sur la demande et sur les échanges mondiaux issues de la crise du Covid. Mais aussi par le dérèglement climatique qui impacte les partenaires producteurs de fruits et de plantes. Le prix des fruits s’est envolé l’été dernier, conséquence de gelées printanières dans toute l’Europe », indique le syndicat. La flambée du sucre, par exemple, provient en partie de l’engouement pour l’éthanol comme alternative au pétrole. « Cette année, le quart des betteraves françaises devrait être transformé en éthanol », ajoute-t-il.

Dans un tel contexte, les fabricants ne voient pas d’autre issue que de répercuter une partie de ces surcoûts dans les prix de vente consommateur. Et en appelle à la conscience collective de toute la filière pour que l’ensemble de la chaîne joue son rôle. « Pour ces PME réunissant ensemble 850 emplois, il en va de la pérennité des outils industriels, de la souveraineté des entreprises et de l’avenir des collaborateurs », indiquent les 13 entreprises du syndicat, produisant à elles seuls 90 % des sirops consommés en France. « Solidaires des producteurs agricoles qui fournissent aux sirops la matière première de leur saveur, nous souhaitons que cette solidarité soit une valeur également partagée avec nos clients distributeurs. » A bon entendeur …

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