LME - matières premières

Les négociations s'engagent sur fond de hausse des prix

21 septembre 2010 - Josselin Moreau

Pour l’Ania, les récentes envolées des cours doivent se traduire par des hausses de tarifs. Michael Flippo - Fotolia.com

Les traditionnelles négociations industriels-distributeurs ne débutent généralement qu’à la mi-octobre. Mais l’agenda 2010 se retrouve bousculé cette année en raison notamment de la hausse brutale de certaines matières premières agricoles. Et en première ligne celles du lait, des céréales mais aussi du café, de la viande ou du poisson, pour lesquelles les enjeux sont considérables sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, depuis les producteurs jusqu’aux distributeurs en passant par les transformateurs.

Hausses tarifaires justifiées

Pour l’Ania, les récentes envolées des cours doivent se traduire par des hausses de tarifs. « La tendance sera haussière et, sur certains produits, elle le sera fortement, affirme Jean-René Buisson, président de l'Ania. Nous sommes durablement inscrits dans un cycle d'instabilité des prix avec la disparition de la politique agricole commune et l'intérêt nouveau des spéculateurs pour les matières premières agricoles ».
De son côté, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a déjà indiqué qu’elle n’accepterait des hausses que si elles sont « justifiées par l'augmentation des revenus des producteurs agricoles », déclare Jérôme Bédier, son président, dans les colonnes de La Tribune publié ce jour. La FCD prévient ainsi les industriels qui souhaiteraient pratiquer des hausses générales d’ici la fin des négociations au premier trimestre 2011. « Il nous faut éviter de revenir tous les trois mois sur les prix », maintient Jérôme Bédier.

La LME critiquée

Le climat de ce début de rentrée est d’autant plus tendu que l’Ania a présenté la semaine dernière aux pouvoirs publics les résultats de son baromètre annuel – audit réalisé auprès de ces adhérents - sur la mise en application de la Loi de modernisation de l’économie. La situation, jugée « alarmante », vient rejoindre les autres critiques déjà formulées cet été lors du vote sur la Loi de modernisation de l'Agriculture et de la Pêche. « Lʼenquête fait apparaître une aggravation du climat des négociations commerciales depuis 2008, avec des pratiques abusives qui ne cessent de sʼaccroître (refus systématiques des conditions générales de vente et des tarifs, déréférencements, etc.) », estime l’Ania. Ainsi, elle note que 78 % des entreprises interrogées jugent que la LME nʼest pas une réussite et que 80% dʼentre elles plébiscitent une interprétation unique du texte et un renforcement des sanctions.
L’Ania pointe donc à nouveau du doigt le manque de sanctions de la part de l’administration, et en particulier de la DGCCRF. « Les Pouvoirs publics réalisent certes des contrôles ciblés. Malheureusement, les décisions de justice, et encore plus grave, leur application, se font toujours attendre, explique Jean-René Buisson. Comment, dans ces conditions, un texte interprétable à la faveur exclusive des distributeurs peut-il garantir lʼeffectivité dʼun dispositif terriblement affaibli par lʼabsence de sanctions dissuasives ? »

"Les brigades de contrôle de la LME"

La DGCCRF rappelle que des « brigades de contrôle » de la LME ont été mises en place depuis juin 2009. 120 agents sont déployés sur le territoire national pour traquer les fraudes. Dans son bilan annuel de juin 2010, Hervé Novelli avait confirmé que « 31 enquêtes menées par cette brigade ont permis de révéler des pratiques contestables qui feront l’objet de contrôles renforcés dans les prochains mois ». Il s’agit notamment de « la pratique de la garantie de marges, de l’utilisation illicite des nouveaux instruments promotionnels et des déréférencements abusifs ». Il avait aussi dressé un bref bilan des négociations commerciales 2010, confirmant plusieurs points positifs tels que des marges arrière « réduites des deux tiers en 2010 comme en 2009 », une augmentation de la « différenciation tarifaire entre enseignes, signe d’une intensification de la concurrence » et une « évolution favorable des prix des produits de grande consommation dans la grande distribution » (-0,2% en 2009). Mais aucun chiffre sur le nombre de contraventions ou d’assignations en justice n’a à nouveau été communiqué en cette rentrée.

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