30% des ventes de Nestlé porteraient sur des produits que le groupe ne perçoit pas comme bons pour la santé. Crédit photo Nestlé.

Vie des IAA

Nestlé fait le point sur ses « 60% de produits mauvais pour la santé »

7 juin 2021 - Amelie Dereuder

Le groupe suisse ne dément pas le document interne qui a fuité dans le journal Financial Times, mais recadre certaines informations.

Après l'article paru le 31 mai dans le Financial Times, l’allégation a beaucoup été reprise ces derniers jours, et le plus souvent sans recul : "60 % des produits de Nestlé seraient mauvais pour la santé". Issu d’un document interne consulté par les journalistes anglais, l’article original mentionne que seuls 37 % des produits vendus atteignent une note de 3.5 sur l’échelle d’étoiles utilisée en Australie, note à partir de laquelle Nestlé considère que les produits participent à une alimentation saine. Selon l’article, 96 % des boissons (hors café) et 99 % des confiseries et glaces sont en-dessous de cette note. Par contre, 82 % des eaux et 60 % des produits laitiers obtiennent des scores supérieurs.

30 % des produits à ne consommer qu’occasionnellement

Le calcul ne prend pas en compte les produits infantiles, le petfood, les cafés et les produits médicaux. Au final, l’étude ne porte que sur la moitié des ventes effectives de Nestlé. Comme le pointe Elodie Lemeunier, la directrice communication de Nestlé France, dans un post LinkedIn le 7 juin, « ce n’est pas 60 % mais bien 30 % de notre portefeuille qui présenteraient un profil nutritionnel invitant à les consommer occasionnellement ». Elle ajoute que le terme utilisé : " mauvais pour la santé " lui semble abusif. « Il s’agit en fait de produits de " plaisir " tels que le chocolat, les confiseries, ou la limonade... dont le profil nutritionnel nécessite de les consommer avec mesure. »

Le groupe a pâti d'une analyse centrée sur le profil nutritionnel des produits sans prise en compte du régime alimentaire global, de la fréquence de consommation et des quantités ingérées. « Il me semble important de souligner que nous ne devrions pas stigmatiser les produits avec un Nutri-Score C, D ou E qui, bien consommés, peuvent s’inscrire dans un équilibre alimentaire "sain "», ajoute-t-elle.

Ces produits gourmands sont aussi les plus difficiles à reformuler, relate l’article du Financial Times, mentionnant que les auteurs de l'étude interne de Nestlé estiment que certains produits ne seront jamais bons pour la santé, y compris après un effort R&D. Une faiblesse dont le groupe pourrait ne pas se satisfaire, alors même que de nouveaux engagements nutritionnels et un plan d’action sont en cours d'élaboration pour être présentés cette année.

Vers un virage santé du portefeuille de produits ?

Le groupe suisse ayant déjà effectué un revirement vers le végétal il y a cinq ans (lancements d’analogues de produits animaux, revente partielle des charcuteries Herta…), on pourrait imaginer une stratégie similaire pour axer le portefeuille vers davantage de produits bien notés au Nutri-Score en France et en Europe. Avant d’opter pour de potentielles ventes d’activités, les reformulations nutritionnelles sont déjà en cours afin d’améliorer le profil des aliments. « Au cours des cinq dernières années, nous avons déjà retravaillé près de 40 % de nos recettes sur plus d’une centaine de produits afin d’en réduire le sucre, le sel, les acides gras saturés, les additifs. D’ici la fin de l’année notre portefeuille en France sera constitué de 60 % de produits qui afficheront un Nutri-Score A ou B et 70 % un Nutri-Score A, B ou C », précise la directrice communication de Nestlé France. 

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