Plan de sobriété énergétique : le gouvernement donne la marche à suivre

1 septembre 2022 - Christophe MENEUST

Lors de son discours auprès du Medef ce lundi 29 août, la première ministre Elizabeth Borne, a lancé un message fort aux acteurs du secteur agroalimentaire. Face aux potentielles pénuries de gaz liées au conflit en Ukraine, le gouvernement demande aux entreprises un plan de sobriété énergétique. En réaction, l’Ania alerte sur les enjeux que représentent ses annonces pour la filière.

« Chaque entreprise doit se mobiliser et agir. J'appelle donc chacune à établir, en septembre, son propre plan de sobriété », annonce Elizabeth Borne. A l’occasion d’un discours devant le Medef prononcé lundi 29 août, la première ministre appelle les entreprises à mettre en place un plan de sobriété énergétique dès septembre consistant à réduire les consommations de 10 %. L’objectif est de faire face aux pénuries d’énergies liées à la guerre en Ukraine. « Si nous devions en arriver au rationnement, les entreprises seraient donc les premières touchées. Et nous devons malheureusement nous y préparer », souligne la cheffe du gouvernement.

Incitation en faveur des contrats d’effacement

Interrogée le lendemain chez France Inter sur la question de la sobriété énergétique, la ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, appelle les professionnels du secteur à souscrire aux contrats d'effacement. Pour éviter un rationnement subi, le gouvernement appelle à la sobriété de tous pour diminuer de 10 % notre consommation énergétique. « Si nous nous organisons pour baisser notre consommation d'électricité et de gaz, nous pourrons mieux passer l'hiver » explique la ministre. Déjà mis en place, le gouvernement compte s'appuyer sur une plus grande participation des entreprises aux contrats d’effacement. Ces contrats sont rémunérés par les gestionnaires de réseau et permettent de réduire les pics de consommation. « Le principe est le suivant : Vous acceptez, lorsque nous vous envoyons le signal, d'arrêter votre production pendant deux heures de manière à baisser le pic de consommation énergétique », poursuit Agnès Pannier-Runacher.

L’Ania tire la sonnette d’alarme et alerte toutes les parties prenantes

En réaction à ces annonces, l’Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires) rappelle aux pouvoirs publics les activités stratégiques et prioritaires du secteur agroalimentaire. « Les entreprises ont déjà conscience de leurs responsabilités et sont déjà engagées dans cette logique de réduction de consommation. Mais l’utilisation du gaz et de l’électricité sont indispensables aux process de fabrication, de transformation et de conservation de matières premières vivantes et périssables. Un arrêt, ou un ralentissement de la consommation d’énergie conduirait inévitablement à un gaspillage alimentaire et à un affaiblissement de la souveraineté alimentaire française. »

Cette inquiétude sur le rationnement s’ajoute à la prise en charges de l’augmentation des coûts de l’énergie et des matières premières. Ne pouvant plus assumer seules ces hausses, la majorité des entreprises sont retournées en négociations commerciales avec les distributeurs. « Toutes les entreprises sont sous pression, notamment les TPE et PME. Cette hausse des prix entraîne des reports d’investissements indispensables pour rester compétitifs et pose des questions de pérennité à moyen terme », conclut l'Ania.

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