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Evènement

Retour sur les Ateliers de l’emballage 2024

Pour leur 6e édition, les Ateliers de l’emballage ont réuni des spécialistes du secteur pour discuter réglementation, allégations environnementales, recyclabilité, réemploi et optimisation des lignes de conditionnement. La journée était organisée en partenariat avec Plastobreiz et SEE. 
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  • Auteur : Marion DESPOUYS
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Pour l’édition 2024 des Ateliers de l’emballage, la rédaction de Process Alimentaire a axé sa journée autour du thème « Eco-conception : relever les défis industriels » . Voici quelques enjeux qui ont été mis en lumière par les intervenants. 

Au cœur des préoccupations du secteur de l’emballage, la réglementation est un fil rouge qui s’est imposé en toile de fond de toutes les interventions. Toujours en chantier, le nouveau règlement européen des emballages et déchets d’emballages (PPWR) poursuit son voyage au sein des instances et pourrait à nouveau subir des modifications, au gré de la recomposition du nouveau Parlement.

En attendant cet atterrissage, la juriste Sofia Kazakova d’IPC a proposé des éléments de réflexion pour entrevoir une articulation possible entre la loi Agec (anti-gaspillage pour une économie circulaire) et la PPWR, ainsi qu'entre les principes de libre de circulation des marchandises et de protection de l’environnement au titre du droit fondamental. Qui prendra le dessus ? Une décision qui pourrait, en cas de litige, être laissée à l’appréciation de la justice.

Autre grande thématique de la journée, le travail autour de la recyclabilité des emballages . Si Thomas Etien , spécialiste économie circulaire de Paprec , a défendu le développement des filières de recyclage du plastique, les acteurs de l’agroalimentaire, Bonduelle, Agromousquetaires et Europe Snacks ont témoigné des travaux engagés pour améliorer la recyclabilité de leurs emballages, et partager les bonnes pratiques : éco-encrage, tests approfondis en centre de tri et en centres de R&D, fonctionnalisation de certains matériaux pour les adapter aux contraintes de l’agroalimentaire, évolution des lignes, etc.

L'intelligence collective est ressortie comme un fil conducteur des présentations. Le projet Dropack en est une bonne illustration. Le développement de la barquette réemployable de BlueNote Pack vient d'une dynamique collective initiée par Pack en transition . Fournisseurs d'équipements, distributeurs d'emballages, bureaux d'études en environnement et les deux éco-organismes Citeo et Leko participent à la conception de la barquette pour qu'elle soit la plus adaptée aux lignes de conditionnement.

Lors de la table ronde sur les allégations de recyclabilité, Agromousquetaires et le centre de tri Kerval Centre Armor sont revenus sur la nécessité de développer un emballage compatible avec les process de captation des unités de recyclage.

"Il est inutile de développer des solutions qui viennent perturber les filières en place, la proximité entre fournisseurs et acteurs de la fin de vie réduit ces dysfonctionnements" , exprime Ronan Cadec, directeur de Kerval Centre Armor. 

Le décloisonnement peut être appliqué sur l'ensemble du cycle de vie de l'emballage, l'échange entre Bonduelle et Ishida a montré que la collaboration tripartite avec le metteur en marché, le fournisseur de machines et d'emballage facilite l'adaptation des lignes aux nouveaux matériaux. 

Retour en images sur la journée :

ATEM-Kantar
Pour débuter la journée, Gaëlle Le Floch, directrice stratégique insight du panéliste Kantar a présenté les enjeux des emballages autour de la consommation responsable.L’experte a présenté les résultats de l’étude internationale « Who Cares ? Who Does », menée en 2023 par le panéliste, et qui révèle que le poids des consommateurs éco-engagés en France est en forte progression. "Il représente près de 30 % de la population française en 2028", souligne-t-elle. Parmi les sujets environnementaux, le réchauffement climatique est la première préoccupation, tandis que la question des emballages plastiques se classe en huitième position.Gaëlle Le Floch a aussi pointé du doigt la difficulté pour les marques à convaincre par leur image RSE. « Seulement 10,5 % des marques alimentaires sont perçues comme responsables du point de vue environnemental, éthique et social », affirme-t-elle. L’experte a aussi attiré l’attention sur le fait que la réduction des emballages sur les marques de distributeurs (MDD) est aujourd’hui l'attente principale des français vis à vis des retailers.En résumé, la pédagogie reste de mise. « Les attentes sont très fortes. Le consommateur a besoin de l’ensemble des acteurs pour se repérer et mieux comprendre », conclut-elle. 
ATEM_SofiaKazakova_GuillaumeMessin_IPC
Désormais un classique des Ateliers de l’emballage, le point sur l’actualité réglementaire des emballages a été confié cette année à Sofia Kazakova, juriste au sein d’IPC, le centre d’innovation et de recherche dédié à la plasturgie et aux composites.Sofia Kazakova a proposé un décryptage des nouvelles directives européennes sur les allégations environnementales (Green claims), avant d’aborder les principales mesures et exceptions du nouveau règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages (PPWR).La juriste a également donné des éléments de réflexion sur la manière dont s’articulent les législations au niveau européen et français avec la loi Agec (anti-gaspillage pour une économie circulaire).Elle était accompagnée sur scène de Guillaume Messin, business développer économie circulaire d’IPC, qui a mis en avant les solutions techniques proposées par le centre, notamment la ligne pilote de recyclage mais aussi la technologie de purification par CO2 Supercritique. 
Paprec Thomas Etien ATEM
Thomas Etien, responsable ACV (Analyse de Cycle de vie) et éco-conception de Paprec, est revenu sur les enjeux des diverses filières recyclage plastique.« L’optimisation du taux de recyclage est une volonté des éco-organismes notamment sur la filière plastique où seulement 24,6% des plastiques sont captés et recyclés », mentionne Thomas Etien.La simplification du geste de tri qui autorise tous les emballages dans la poubelle jaune « avec le bouchon bien attaché à la bouteille », rappelle Thomas Etien entraine des modifications dans la filière recyclage avec notamment la création des centres de surtri en charge des emballages rigides.  L’expert ACV a fait un zoom sur cinq filières plastiques (PET coloré, PET opaque blanc, barquettes PET, films PE et PP et emballages PS) et a décrit pour chaque matériau les perspectives de tonnage, les modes de traitement, les débouchés et les enjeux clés. Par exemple, pour le PET coloré recyclé à 60% par Paprec, 15 000t sont envisagés principalement en recyclage mécanique. La filière travaille à un retour au contact alimentaire et à une boucle 100 % fermée de la bouteille par réinjection de PET recyclé avec un enjeu de qualité sur la couleur finale du produit.La présentation s’est terminée sur cette nécessité d’embarquer l’écosystème sur l’éco-conception de l’emballage pour que chaque maillon participe au développement des filières de recyclage. 
ATEM-TR-Recyclabilite
Zéro plastique, compostable, recyclable, voire compostable et recyclable… en s’y arrêtant de près, certains arguments ou allégations peuvent prêter à confusion. Alors comment démêler le faux du vrai ? La table ronde réunissant Camille Crupaux, ingénieure emballage du groupe Agromousquetaires, Ronan Cadec, technicien au centre de tri Kerval Centre Armor, et référent spécialiste du recyclage, ainsi que l’expert Christophe Morin, ingénieur conseil en emballage conditionnement et fondateur de Pack’Agile, a permis de faire un point sur ces sujets.Constat partagé par nos experts : le discours fournisseur n’est pas toujours adapté et il y a beaucoup de méconnaissance. Ce qui peut ensuite poser des difficultés en centres de tri. Camille Crupaux d’Agromousquetaires est revenu sur l’intérêt des visites au centre de tri Kerval Centre Armor pour le développement de futurs emballages. Barquettes de jambon, gourdes de compote, clips de pain de mie etc., les intervenants se sont appuyés sur plusieurs exemples pour illustrer leur propos.Christophe Morin est aussi revenu sur son travail avec l’éco-organisme Citeo autour de la mise en œuvre de la méthode "OK Recycle", qui vise à certifier la recyclabilité. 
ATEM Top innovations emballages
La rédaction a décidé de faire un Top Emballages avec 9 innovations et 1 « bad-buzz » pour montrer les conditionnements qui ont marqué ce début 2024. Nous retrouvons le sachet vrac de Ker Cadélac, la brique yaourt de Yoplait, le bouchon doseur de Lesieur, l’éco-encrage du sachet Vico, la recharge durable de Cérébos, le doypack monomatériau de Capri-Sun, le conditionnement en verre de Lustucru et Michel et Augustin, le sachet recyclable Entremont et l’emballage en carton pour le sucre glace Daddy.Pour le « bad-buzz », la rubrique Emballages a voulu s’arrêter sur Coca-Cola, le distributeur officiel de Paris 2024. En juin 2023, le géant américain a dit vouloir répondre à l’enjeu de réduction de l’emballage à usage unique par la mise en place de fontaines de distribution et le réemploi de gobelets en PP (Polypropylène). A un mois de l’événement, France Nature Environnement (FNE) dénonce la communication de Coca-Cola de subterfuge puisque 75% des boissons serait distribué en bouteilles PET (Polytéréphtalate d'éthylène). Alors vraie innovation ou tentative de greenwashing ? La question est soulevée par la rédaction. 
ATEM_ArnaudWarusfel_MathieuGranier
La table ronde de l’après-midi avait pour objectif de déterminer les impacts industriels provoqués par l’arrivée de nouveaux matériaux d’emballages. La rédaction a fait le choix de la complémentarité, en réunissant Mathieu Granier, directeur général des ventes France et Afrique du Nord d’Ishida Europe, et Arnaud Warusfel, responsable développe des emballages de Bonduelle.Arnaud Warusfel est revenu sur l’évolution du packaging de produits surgelés de Bonduelle, du sachet complexe métallisé vers un sachet recyclable. La collaboration avec Exxon Mobil, GEA et trois imprimeurs-extrudeurs européen, ainsi que différentes problématiques ont été évoquées (éco-encrage, tests sur la résine…).De son côté, Mathieu Granier a présenté le centre de R&D d’Ishida Europe à Birmingham, en Angleterre, où le fournisseur propose à ses clients des lignes tests et évoqué les réglages machines à réaliser pour s’adapter aux nouveaux matériaux.Les deux experts ont partagé leurs problématiques communes sur l'ensachage, mettant en avant l'un des éléments-clés de la réussite de l'adaptation des lignes : la formation des opérateurs. 
ATEM-Dropack
Thierry Varlet, directeur général d’« Innovons à 360° » et fondateur de l’association « Pack en Transition », et Benoît Piette, ingénieur emballage et dirigeant de Bluenote Pack, sont venus présenter en exclusivité les premiers livrables du projet Dropack (Drop off Packaging). L’objectif est d’expérimenter le réemploi d'une barquette plastique pour les plats cuisinés. Retenu par les éco-organismes Citeo et Léko dans le cadre du financement dédié au réemploi, le projet implique à ce jour trois partenaires industriels (Léa Nature, Olga et Sill Entreprises).Les experts ont ainsi présenté les premières barquettes. Concernant l’analyse de cycle de vie (ACV), les premières conclusions montrent que le scénario bois usage unique est le plus performant. « On retrouve ensuite l’alternative réemploi en polypropylène, puis l’alternative carton usage unique », indique Benoît Piette. L’expert a également mis en avant les résultats de l’étude consommateurs « qui met en exergue que les consommateurs sont favorables mais qu’il y a un « green gap » entre les intentions et le passage à l’acte de réemploi ».Pour conclure cette séquence, et toujours dans le cadre du réemploi, Thierry Varlet est revenu sur les différents projets en vue des futures expéditions d’exploration spatiales sur lesquels il collabore avec le CNES (Centre national d'études spatiales). 
ATEM_ValentinStraub_AntoineCovillers
Pour clôturer cette 6e édition, la rédaction de Process Alimentaire avait invité un tandem : le cabinet de conseil en environnement (RE)SET et le fabricant de snacks salés Europe Snacks. Les deux entreprises ont collaboré au sein du consortium R3pack sur un projet de substitution de matériaux plastique par de la fibre cellulosique.Tandis qu’Antoine Covillers, directeur conseil chez (RE)SET, a proposé un focus sur les avantages de la cellulose ainsi que des enjeux autour de ce matériau, Valentin Straub, ingénieur packaging d’Europe Snacks, est revenu sur les tests effectués en laboratoire pour faire évoluer l’emballage, et proposé un récapitulatif des apprentissages et bonnes pratiques.
LANTECH
Lantech a mis au point un système unique permettant de remplir automatiquement le magasin de la formeuse de caisses. Les flans sont prélevés et placés dans le magasin quelle que soit leur configuration. Les sangles sont retirées. Aucune exigence particulière n’est requise en matière de palettes et aucune intervention humaine n’est nécessaire. Lantech@Interpack, hall 13, stand C47, du 7 au 13 mai.