Les vers de farine constituent déjà une source protéique alternative pour l'alimentation animale. Crédit photo : Hosokawa Micron / PongMoji-Shutterstock

Procédés

Insectes : les équipementiers sont dans les starting blocks

9 décembre 2019 - Stéphanie PERRAUT

Alors que le marché des insectes pour l’alimentation humaine n’en finit pas d’attendre une clarification réglementaire pour pouvoir se développer, les équipementiers peaufinent leur offre. Exemple avec Bühler et Hosokawa Micron.

Dès qu’il est question d’alimentation du futur, les insectes refont surface. A côté des algues, des champignons ou encore des bactéries, ces sources de protéines alternatives sont présentées comme une solution potentielle pour nourrir d’ici 2050 les dix milliards d’êtres humains qui occuperont la planète. Avec en bonus, un impact environnemental modéré et maîtrisé. En attendant une autorisation claire aux niveaux européen et national, les producteurs d’insectes comestibles font leurs armes sur le marché de l’alimentation animale. Créée en 2011, la société Ynsect a même bouclé en février 2019 une levée de fonds record de 110 millions d'euros.

Un élevage sur des co-produits céréaliers

Dans le même temps, les équipementiers peaufinent leur offre. Spécialisé dans les technologies du grain, Bühler a constitué une division dédiée, baptisée Bühler Insect Technology Solutions, qui conçoit des solutions industrielles modulaires couvrant l’élevage et la transformation. « Nous souhaitons accompagner ce secteur avec un panel de solutions adaptées à différentes espèces d’insectes », affirme Andreas Aepli, directeur général de Bühler Insect Technology Solutions. La société compte déjà des applications dans la production industrielle de mouche soldat noire (Hermetia illucens). Elle a également a signé en début d’année un accord de partenariat avec Alfa Laval pour la transformation des insectes. Et annoncé en août un projet aux Pays-Bas visant la production sur 2 300 m² de vers de farine (Tenebrio molitor) à destination du bétail. « Outre son apport nutritionnel intéressant, le ver de farine présente l’avantage de pouvoir s’élever sur du son de blé ou de la balle de riz, des co-produits présents chez nombres de nos clients », confie Bühler. 

Un séchage et un mélange adapté

Expert dans le traitement des poudres, Hosokawa Micron reconnaît aussi une demande croissante pour les équipements de traitement des insectes, plus particulièrement pour les opérations de mélange et de séchage. « Nous recevons de plus en plus de demandes de renseignement concernant le traitement de larves de mouches soldats, de vers de farine et de grillons », affirme Ashwin Jagmohan, ingénieur d’application en alimentation chez Hosokawa Micron. Les insectes peuvent être difficiles à manipuler lorsqu’ils sont mouillés en raison de leurs mauvaises caractéristiques d’écoulement et de leur tendance cohésive. De plus, ils sont sensibles à la température.

Le sécheur Drymeister DMR-1 de Hosokawa Micron.

Le sécheur Drymeister DMR-1 de Hosokawa Micron.

« Notre sécheur flash Drymeister, utilisé pour les fibres de maïs, le gluten de blé ou les crevettes, répond aux contrainte liées à la transformation des insectes », poursuit-il. La machine combine le séchage, le broyage et la sélection en une seule étape. Elle peut prendre en charge des matières premières humides, comme les boues, les pâtes et les insectes entiers. La qualité des récoltes (en taille et en qualité nutritionnelle) pouvant varier en fonction de la météo, Hosokawa Micron préconise aussi un mélangeur pour obtenir des lots homogènes. Par exemple, les mélangeurs coniques à pales CPM et la gamme Nauta peuvent intégrer un système d’injection de liquide, pour ajouter des arômes, des colorants ou des huiles.

Des essais pour imaginer des applications futures

Pour tester les applications potentielles à base d’insectes, le fournisseur propose d’effectuer des essais avec le plus petit modèle de sécheur Drymeister, le DMR-1, installé dans son centre de développement interne. « Nous montrons au client ce qui se passe en termes de finesse et de teneur en humidité lorsque nous poussons un produit au-delà du point de consigne. Même si cela n’est pas pertinent pour ce projet, cela peut déclencher des idées pour des applications futures », détaille Ashwin Jagmohan. Il annonce la réussite de plusieurs essais en 2019. L’année 2020 s’annonce bel et bien croustillante.

 

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