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Zoonose

Influenza aviaire et santé humaine, l’Anses fait le point

La France a connu depuis 2015 plusieurs crises majeures d’influenza aviaire. Les mutations du virus ont aussi permis des transmissions à différentes espèces de mammifères mais aussi à l'humain. Les experts de l’Anses décryptent les risques.
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  • Modifié :
  • Auteur : Stéphanie PERRAUT
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L’influenza aviaire est une maladie animale très contagieuse causée par des virus influenza de type A, qui peut toucher de nombreuses espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques et peut, pour certaines souches virales, se transmettre aux mammifères terrestres et marins ainsi qu’à l’être humain. Les virus se classent en deux catégories selon leur virulence pour les oiseaux :

  • les virus faiblement pathogènes (IAFP),

  • les virus hautement pathogènes (IAHP), ces derniers appartenant majoritairement aux sous-types H5 ou H7

Sous sa forme hautement pathogène, la maladie se propage très rapidement chez les oiseaux et peut entraîner des conséquences importantes tant dans les élevages que pour la faune sauvage. Elle peut provoquer une mortalité très élevée (> 90 %) chez certaines espèces.

« Les volailles d’élevage peuvent être contaminées par les oiseaux sauvages infectés ou, lors d’épizootie, par d’autres oiseaux domestiques, qu’ils soient d’élevage ou d'agrément (basse-cours, oiseaux d’ornements, appelants utilisés pour la chasse au gibier d’eau) ou par le contact des animaux avec un environnement contaminé », explique Éric Cardinale, directeur scientifique « Santé et bien-être des animaux » à l’Anses (Agence nationale de sécurité des aliments). Le virus pénètre dans l’organisme des volailles par les voies respiratoire et digestive. La transmission entre oiseaux peut être directe, par des contacts rapprochés entre oiseaux - sécrétions respiratoires, matières fécales - ou indirecte, par l’exposition à des matières ou supports contaminées : nourriture, eau, matériel, plumes, poussières, ou vêtements. « Nous observons des pics hivernaux récurrents d’influenza aviaire chez les oiseaux, liés à l’afflux d’oiseaux migrateurs, mais aussi des cas plus sporadiques au printemps ou en été, liés à la persistance du virus dans l’avifaune locale non migratrice et dans l’environnement des élevages », estime Nicolas Eterradossi, directeur du Laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort. 

Un franchissement occasionnel de la barrière d’espèce

« Les virus H5N1 qui circulent en France actuellement appartiennent à une des lignées issues de virus (clade 2.3.4.4b) qui ont évolué. Ils sont préoccupants de par leur large distribution mondiale chez les oiseaux domestiques ou sauvages, ainsi que du fait de leur forte capacité d’évolution génétique », poursuit-il. Ils ont la faculté de franchir occasionnellement la « barrière d’espèce » pour infecter des mammifères. Ces infections chez les mammifères peuvent être graves. « Le virus peut de surcroît se transmettre dans certaines conditions entre mammifères, comme ce qui a été observé dans des élevages laitiers aux États-Unis ou dans des colonies de mammifères marins. Ceci fait craindre, en cas de circulation non maîtrisée, l’émergence possible d’une souche de virus H5 transmissible entre êtres humains », avertit l’expert. 

Y-a-t-il un risque de transmission du virus aux bovins en France , comme ce qui est observé aux États-Unis ? Pour Éric Cardinale, la réponse est oui. « Il a été démontré expérimentalement que les virus circulants en Europe pouvaient infecter les ruminants. Cependant, aucun cas n’a été rapporté à ce jour pour le moment . Nous surveillons le risque possible d’introduction du virus qui circule actuellement aux États-Unis, et qui pourrait être introduit en Europe lors des mouvements migratoires des oiseaux sauvages au printemps et à l’automne ou à l’occasion d’une introduction du virus par un humain ou un animal contaminé dans un troupeau », précise-t-il.

La vaccination des canards est sans danger pour l’être humain

La politique menée en France, qui associe biosécurité, vaccination des canards et surveillance renforcée des élevages, a conduit à la forte réduction du nombre de cas d’influenza aviaire observés sur le territoire national en élevage depuis l’hiver 2023-2024. « La consommation de viande ou de produits issus d’animaux vaccinés ne présente pas de danger pour l’être humain. L’innocuité des vaccins pour le consommateur a été vérifiée avant leur autorisation de mise sur le marché ou leur autorisation temporaire d’utilisation », rassure Franck Fourès, directeur de l’Agence nationale du médicament vétérinaire, Anses.

Des bonnes pratiques pour éviter la transmission aux humains

La transmission du virus des oiseaux aux humains peut être évitée en utilisant des équipements de protection individuelle (EPI) adapté lors de la manipulation ou du contact avec des oiseaux morts domestiques ou sauvages. Ces EPI doivent a minima protéger leur utilisateur du contact direct du virus avec les muqueuses respiratoires (masques respiratoires) et oculaires (lunettes de sécurité), ou d’une transmission indirecte à ces muqueuses par les mains (gants).

Une surveillance élargie pour anticiper 

« La capacité des virus influenza à échanger du matériel génétique est considérable, et les capacités d’adaptation du virus sont également conséquentes. Il a été observé ponctuellement des mutations qui permettaient à ces virus de s’installer plus facilement chez les mammifères, et notamment chez l’être humain. Pour autant, les virus qui ont infecté ces derniers mois plusieurs dizaines de personnes aux États-Unis n’ont à ce jour pas accumulé suffisamment de mutations pour permettre une transmission entre humains », détaille Éric Cardinale. La surveillance des virus circulants chez les espèces animales reste clé, pour identifier rapidement toute évolution dans le sens d’une meilleure adaptation aux mammifères. « Actuellement, nous surveillons non seulement les volailles domestiques et les oiseaux sauvages, mais aussi les mammifères, y compris les mammifères marins que ce soit en France hexagonale ou dans les territoires d’Outre-mer et les terres australes et antarctiques françaises. Nous travaillons également de concert avec nos collègues de la santé humaine pour détecter tout virus qui aurait potentiellement évolué », illustre-t-il.

 

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