Dans deux récents avis, l’Anses a élaboré une liste de 16 substances prioritaires identifiées comme présentant potentiellement une activité de perturbateur endocrinien. L’Agence propose également une méthode pour classer les substances. Crédit : Adobe Stock.

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L’Anses poursuit son évaluation sur les perturbateurs endocriniens

19 avril 2021 - Marjolaine Cérou

Dans deux récents avis, l’Anses a élaboré une liste de 16 substances prioritaires identifiées comme présentant potentiellement une activité de perturbateur endocrinien. L’Agence propose également une méthode pour classer les substances.

L’Anses continue d’avancer dans le cadre du deuxième volet de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE 2). Saisie par les Ministères en charge de l’environnement et de la santé, l’Agence Française vient de publier le 15 avril deux avis présentant deux nouveaux outils méthodologiques dans l’optique de concentrer les efforts sur les substances prioritaires présentant potentiellement une activité perturbatrice endocrinienne ainsi que sur leur évaluation.
Le premier outil a ainsi consisté à élaborer une liste de 906 substances d’intérêt du fait de leur action endocrine potentielle. Ces dernières présentent des usages multiples : utilisation lors des processus industriels, présence dans les produits de consommation courante, les produits phytopharmaceutiques, les biocides ou les médicaments.

16 substances prioritaires identifiées

Toutefois, certaines de ces substances sont déjà interdites ou fortement encadrées en Europe, tandis que d’autres n’y sont pas utilisées. Ce qui a conduit l’Anses à mettre en œuvre un système de priorisation des substances auxquelles la population est exposée et dont l’examen des propriétés endocriniennes doit être effectué en priorité. Ainsi, 16 substances prioritaires ont été identifiées. « Cette sélection fera l’objet d’une consultation du comité d’orientation thématique sur les perturbateurs endocriniens », indique l’Anses. Ce qui permettra de cibler les molécules à inclure dans le programme de travail.

Le second outil s’est orienté vers la mise au point d’une méthode d’expertise pour classer une substance en tant que perturbateur endocrinien « avéré, présumé ou suspecté ». « Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas toujours de conclure à une activité de perturbateur endocrinien de manière certaine », souligne l’Agence qui propose une méthodologie pour aboutir à une catégorisation opérationnelle, en amont de celle qui s’appliquera à l’échelle de l’Union européenne, annoncée dans le cadre de la Stratégie pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques vers un environnement exempt de substances toxiques. L’objectif est de garantir la prise en compte de l’ensemble des données disponibles pour une substance à un instant donné. Le résultat gradué devrait permettre par exemple d’adopter des règles d’encadrement différenciés en fonction des usages et des populations exposées.

« Cela réaffirme la volonté d’accompagner l’évolution de la réglementation nationale et européenne dans le sens d’une meilleure prise en compte de l’incertitude scientifique et des niveaux de preuve, à l’heure où l’Europe a indiqué sa volonté de faire évoluer différentes réglementations, pour mieux prendre en compte le danger des perturbateurs endocriniens », déclare l’Anses.

Pour rappel, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une substance est reconnue comme perturbateur endocrinien si :
- elle présente des effets néfastes sur la santé ;
- elle altère une ou des fonction(s) du système endocrinien ;
- un lien entre ces deux constats est biologiquement plausible.

Les deux avis sont à consulter dans leur intégralité ici :
-Liste des substances d’intérêt
-Méthode de priorisation

 

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