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Contaminants

Les boissons en bouteilles de verre contiennent plus de microplastiques que dans d’autres contenants

Une étude conduite par l’Anses (Agence nationale de sécurité des aliments) sur une centaine d’échantillons de boissons vendues en France révèle la présence systématique de microplastiques. Contrairement aux idées reçues, les contenants en verre se montrent plus contaminés que les emballages plastiques, principalement à cause des capsules.
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  • Modifié :
  • Auteur : Stéphanie Perraut
eau bouteille verre plastique

Publiée en mai 2025 dans la revue Journal of Food Composition and Analysis, une étude menée par l’Anses a analysé 121 échantillons de boissons courantes disponibles en France (eaux, thés, colas, bières, vins, citronnades), conditionnées dans divers types de contenants (verre, plastique, canette, brique, cubitainer). Des microplastiques (particules de 30 à 500 µm) ont été retrouvés dans 100 % des échantillons. Les niveaux moyens de contamination vont de 2,9 ± 0,7 microplastiques par litre (MPs/l) pour l’eau à 82,9 ± 13,9 MPs/l pour la bière . Le vin, le thé froid, les colas et les citronnades présentent également des teneurs notables.

Des microplastiques dans 100 % des échantillons

Dans la quasi-totalité des catégories de boissons, les bouteilles en verre se révèlent plus contaminées que les contenants en plastique ou en aluminium . Les colas en verre atteignent en moyenne 103,4 ± 44,1 MPs/l contre 2,1 ± 0,7 MPs/l en plastique. Des niveaux similaires ont été observés pour les thés (86,3 ± 35,3 MPs/l en verre, 2,2 ± 1,0 en plastique), les citronnades (111,6 ± 41,1 MPs/l en verre, 1,5 ± 0,7 en plastique) et les bières (133,7 ± 15,9 MPs/l en petites bouteilles de verre, environ 32 MPs/l en canette ou grande bouteille). «  Nous nous attendions à un résultat inverse lorsque nous avons comparé la quantité de microplastiques dans différentes boissons vendues en France  », explique Iseline Chaïb, doctorante dans l’unité Sécurité sanitaire des aliments d’origine aquatique (Sanaqua, site de Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais), qui a mené l’étude au sein du laboratoire de sécurité des aliments de l’Anses.

La piste des capsules métalliques et de leur peinture

Les scientifiques se sont penchés sur l’origine des microplastiques retrouvés dans les boissons conditionnées dans des bouteilles en verre capsulées. Étant donné leurs caractéristiques, ils ont conclu que ces particules proviennent probablement des capsules métalliques, et plus précisément de la peinture les recouvrant . Premier indice : les microplastiques retrouvés dans les boissons sont majoritairement de la même couleur et de la même composition que la peinture des capsules. Second indice : la peinture de ces capsules comporte des mini-éraflures, invisibles à l’œil nu, probablement dues aux frottements entre les capsules lorsqu’elles sont stockées avant leur utilisation.

Des solutions du côté du nettoyage

Pour confirmer cette voie de contamination et explorer la possibilité de réduire les quantités de microplastiques, le laboratoire a testé l’effet d’opérations de nettoyage . Trois scénarios ont été étudiés. «  Nous avons nettoyé les bouteilles et les avons remplies d’eau filtrée pour qu’il ne reste aucun microplastique détectable, puis nous avons encapsulé les bouteilles soit sans aucun traitement de la capsule, soit après avoir soufflé sur la capsule à l’aide d’une bonbonne d’air, soit après avoir soufflé de l’air puis rincé les capsules avec de l’eau filtrée et de l’alcool  », explique Iseline Chaïb. Résultat : alors que 287 particules par litre sont retrouvées en moyenne dans l’eau des bouteilles fermées avec des capsules non nettoyées, ce nombre diminue significativement en soufflant sur les capsules avant l’encapsulation, pour atteindre 106 particules par litre. Il baisse encore à 87 particules avec le soufflage suivi du rinçage.

Seul le vin échappe à cette tendance, comme le montre l’étude, en raison de l’utilisation de bouchons en liège ou de capsules différentes, ce qui limite la contamination par la peinture des capsules observée dans les autres bouteilles en verre. Pour cette boisson, les briques apparaissent comme les contenants les plus contaminés. 

Un risque pour la santé non encore évalué

Reste une incertitude : en l’absence de données toxicologiques de référence, il n’est pas possible de dire si les quantités de microplastiques trouvées présentent ou non un risque pour la santé . Cette incertitude est d’autant plus marquée que les méthodes d’analyse ne sont pas encore harmonisées à l’échelle européenne. Le 11 mars 2024, la Commission européenne a adopté une décision fixant des procédures d’analyse des microplastiques dans l’eau destinée à la consommation humaine. Toutefois, cette réglementation ne concerne que l’eau non embouteillée et ne s’applique pas aux autres boissons. L’absence de méthode standardisée reste donc un obstacle majeur à la comparaison des études.

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