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Contaminants

Microplastiques : Agir pour l’Environnement incrimine Coca-Cola et Schweppes

Une enquête d’Agir pour l’Environnement révèle la présence de micro et de nanoplastiques dans les sodas Coca-Cola et Schweppes. L’association interpelle les marques et les autorités sanitaires françaises.
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  • Auteur : Stéphanie PERRAUT
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Jusqu’à 93 microparticules de plastique par litre ont été trouvées dans des bouteilles de Coca-Cola et de Schweppes . C’est l’une des conclusions de l’étude réalisée par Agir pour l’Environnement avec deux laboratoires experts et publiée le 19 août dernier. L’association a mené l’enquête dans un contexte de préoccupations croissantes autour de la pollution plastique. En 2022, elle avait déjà mis en évidence la présence de microplastiques dans 78 % des bouteilles d’eau analysées. Ce nouveau rapport pousse l’analyse plus loin en examinant les sodas, particulièrement ceux commercialisés par Coca-Cola, partenaire des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Une, dix ou vingt ouvertures

Objets de l’étude, des bouteilles de Coca-Cola Original en format 1 litre et de Schweppes Indian Tonic en format 1,5 litre. Pour simuler les conditions réelles de consommation , les analyses ont été effectuées après une, puis dix et enfin vingt ouvertures. Les bouteilles ont été stockées à température ambiante, réfrigérées à 4°C, et dans des conditions plus extrêmes : à 30°C pendant 3 heures, de manière à simuler un transport dans un coffre de voiture en été, puis réfrigérées à 4°C.

Les particules de plastiques ont été isolées par filtration à partir du volume total de soda dans chaque bouteille. Ensuite, elles ont été analysées à deux échelles : micrométrique (10 µm à 5 mm) et nanométrique (0,3 nm à 1 µm) . À l’échelle micrométrique, les particules ont été comptées et leur taille mesurée grâce à la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (IRTF), qui identifie les polymères spécifiques composant les microplastiques. Pour les particules nanométriques, les analyses ont été effectuées par diffusion dynamique de la lumière, une technique qui permet de déterminer la taille des particules en suspension dans le liquide. Enfin, les échantillons ont été observés en microscopie électronique à balayage pour examiner directement la morphologie des particules.

Une présence de PVC qui intrigue

L’enquête a révélé que la quantité de microplastiques augmentait de manière significative avec le nombre d’ouvertures . Après une seule ouverture, quatre microparticules par litre ont été détectées dans le Coca-Cola Original, tandis que ce nombre grimpait à 44 particules par litre après vingt ouvertures. Dans le Schweppes, les résultats étaient similaires, avec une augmentation passant de 4,6 à 62 particules par litre.

En termes de composition, les microparticules détectées étaient majoritairement constituées de polyéthylène (PE), de polytéréphtalate d’éthylène (PET) et de polychlorure de vinyle (PVC) . Des microparticules de polyamide (PA), de polypropylène (PP) et de polyuréthane (PU) ont également été identifiées, bien que de manière moins fréquente. « Il nous a paru étonnant d’identifier six polymères différents alors que les fabricants ne déclarent que deux polymères en contact avec la boisson : du PE pour le bouchon et du PET pour la bouteille », souligne l'association. Le PVC, qui ne devrait pas être présent selon les matériaux déclarés, représentait une part importante des particules, notamment dans le Coca-Cola, où 25 particules de PVC ont été identifiées après vingt ouvertures.

Davantage de petites particules irrégulières au fil des ouvertures

L’étude a également mis en évidence que la taille des microparticules diminuait à mesure que le nombre d’ouvertures augmentait . La majorité des microparticules identifiées après vingt ouvertures mesuraient moins de 50 micromètres, avec une proportion croissante de particules inférieures à 10 micromètres. Ces petites particules, plus nombreuses après des ouvertures répétées, posent des risques accrus en raison de leur capacité à pénétrer plus facilement dans les tissus humains.

Des nanoparticules, de taille comprise entre 200 et 600 nanomètres, étaient aussi présentes dès la première ouverture des bouteilles. Les analyses ont montré que ces particules ont des formes irrégulières et des surfaces très rugueuses, augmentant ainsi leur surface totale de contact. Cette morphologie pourrait favoriser leur interaction avec d’autres particules ou substances présentes dans l’organisme, et faciliter leur internalisation par les cellules. 

L'étude a en revanche montré que la variation des conditions de stockage (température ambiante, réfrigération, ou stockage à 30°C suivi d’un refroidissement) n’avait pas d’impact significatif sur la quantité de microplastiques présents, sauf dans certains cas pour le Schweppes.

Quoi qu’il en soit, Agir pour l’environnement estime que cette fragmentation du plastique pourrait exposer les consommateurs à des risques jusqu'ici sous-estimés . « Les adeptes du doux breuvage d’Atlanta doivent être informés de l’instabilité moléculaire de la bouteille en plastique qui semble se fragmenter rapidement sous l’effet d’une ouverture/fermeture du bouchon », alerte son directeur général Stéphen Kerckhove. Face à ces résultats, l’association interpelle les autorités sanitaires françaises et formule plusieurs demandes :

  1. Tendre vers le zéro microplastique dans la chaîne alimentaire.

  2. Évaluer les effets sanitaires des micro- et nanoplastiques : Agir pour l’Environnement demande à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) de publier des recommandations pour limiter l’exposition du grand public aux micro- et nanoplastiques, et harmoniser les méthodes d'analyse.

  3. Diligenter une enquête sur la présence des micro- et nanoplastiques dans les sodas : l'association demande à la DGCCRF (Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes) de mener une enquête approfondie pour expliquer la présence importante de particules de PVC dans le Coca-Cola.

  4. Définir une norme maximale pour la présence de micro- et nanoplastiques dans les eaux et sodas.

  5. Faire preuve de transparence sur la présence de micro- et nanoplastiques : « Les étiquettes doivent identifier clairement les plastiques et additifs utilisés dans les bouteilles et les bouchons », estime Agir pour l’Environnement.

  6. Interdire la mise à disposition gratuite et la commercialisation des eaux et sodas embouteillés en plastique dans les maternités et crèches;

Dans son numéro de Septembre 2024 , Process Alimentaire revient sur les contaminants émergents dont les microplastiques et les PFAS.

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