5000 emplois menacés en 2013 selon l’Ania

15 janvier 2013 - Josselin Moreau

« En 2012, nous avons été contraints de supprimer 5000 emplois. Ce sont 5000 emplois supplémentaires qui risquent de disparaître en 2013 même si 10000 emplois sont actuellement non pourvus », affirme Jean-René Buisson, président de l’Ania. DR

« En 2012, nous avons été contraints de supprimer 5000 emplois. Ce sont 5000 emplois supplémentaires qui risquent de disparaître en 2013 même si 10000 emplois sont actuellement non pourvus ». Pour Jean-René Buisson, président de l’Ania, qui s’est exprimé hier soir à Paris, le mauvais bilan de l’agroalimentaire sur l’emploi traduit la baisse historique de la consommation couplée au tassement des marges du secteur.

En 2012, la consommation alimentaire des ménages français a baissé de 0,6% en volume. « C’est la plus forte baisse depuis la fin de la guerre », a précisé Jean-René Buisson ce lundi, lors de la cérémonie des vœux de l’Ania en présence du ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll et du ministre délégué à l’agroalimentaire Guillaume Garot. Les marges brutes des entreprises ont continué de se tasser à 26%, soit 13 points de moins qu’en 2008. Face à ce constat, l’Ania a dénoncé l’augmentation des droits d’accises sur la bière (+160%), mesure qualifiée d’« agression punitive ».

Jean-René Buisson a rappelé les relations contrastées avec les distributeurs qui « usent et abusent parfois de leur position de force » en refusant d’appliquer la LME dans l’esprit du texte. « Nous allons nous battre comme des chiens cette année pour que cette loi soit appliquée correctement », a promis le président de l’Ania.

Dans ce contexte, Jean-René Buisson se réjouit des bons résultats de l’export et que le gouvernement ait « pris à bras le corps le sujet de l’export ». Un peu plus tôt dans la journée, le ministre délégué à l’agroalimentaire Guillaume Garot et la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq ont installé le comité stratégique Asie.

De son côté, Guillaume Garot a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir le secteur agroalimentaire avec le pacte de compétitivité, le crédit impôt, la Banque publique d’investissement (BPI) et le contrat de génération. « Nous sommes heureux du travail que nous conduisons avec l’Ania : des relations claires, franches et efficaces », a précisé M. Garot. J’ai confiance dans le formidable potentiel de l’industrie agroalimentaire et de ce que l’on peut faire au gouvernement pour faire de vous le grand secteur du redressement du pays ».

Le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a quant a lui souligné la volonté du gouvernement d’augmenter les investissements dans le secteur en 2013 : « La BPI appuiera le secteur agroalimentaire. Avec les mécanismes FSI et Oseo, l’agroalimentaire recevait quatre fois moins de financement que les autres secteurs en proportion de ce que représente son chiffre d’affaires. C’est ce que nous voulons corriger », a-t-il souligné, affirmant que les arbitrages avaient déjà été réalisés au cabinet du Premier ministre.

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