Hausse de la taxe bière : qui va payer ?

4 décembre 2012 - Pierre Christen

Pour un demi de bière en bar-restaurant, la hausse de la taxe représente 5 c€. Encore faut-il lui appliquer la TVA, puis le coefficient multiplicateur du cafetier. In fine, l’augmentation serait de 30 à 40 c€ par demi

+ 160 %. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2013 a fini son périple parlementaire, et il apparaît que le gouvernement a fait le choix de relever fortement le niveau des accises sur la bière. Un choc pour le secteur brassicole.

« A l’évidence, il n’y a pas eu de réelle mesure de l’impact économique d’une telle décision », réagit Gérard Laloi, président de Brasseurs de France. L’association interprofessionnelle présente des chiffres qui donnent le tournis. L’industrie brassicole pèse 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont déjà 330 millions partent en taxes. La hausse des droits d’accise, telle qu’elle est prévue, représente un nouvel effort de 480 M€. « Quel secteur pourrait supporter cela ? », commente Gérard Laloi.

« Au final, ce sont les consommateurs qui vont payer », souligne Pascal Chèvremont, délégué général de l’association. D’après ses calculs, la hausse des prix sera en moyenne de 24 %. « En valeur absolue, toutes les bières seront taxées de la même façon. En valeur relative, cela représentera une hausse de 30 % pour les premiers prix et de 15 % pour les bières plus valorisées », précise-t-il.

Il ne suffit pas de répercuter l’augmentation du droit d’accise. Par exemple, pour un demi de bière en bar-restaurant, elle représente 5 c€. Encore faut-il lui appliquer la TVA, puis le coefficient multiplicateur du cafetier. In fine, l’augmentation serait de 30 à 40 c€ par demi.

Quel va être le comportement des consommateurs ? L’association dispose d’un modèle basé sur le ratio suivant : une augmentation de 1 % du prix génère une baisse de 1,3 % de la consommation. Appliqué à la hausse moyenne estimée de 24 %, cela signifie une chute de consommation de 30 %. « C’est sans doute loin de la réalité. Mais le problème est l’incertitude que cela génère », commente Pascal Chèvremont.

Face à ce constat, Brasseurs de France déclare "envisager toutes les possibilités pour mettre en lumière le caractère injuste, parce que totalement disproportionné, de cette hausse". L'association interprofessionnelle met particulièrement en exergue les répercussions sur le secteur de la distribution hors domicile - entrepositaires, grossistes, cafés et restaurants - où la bière représente 40% du chiffre d'affaires.

Pour ceux qui fournissent également la grande distribution, les négociations s’annoncent ardues. Car outre la hausse provoquée par la taxe, d’autres postes augmentent : des matières premières aux emballages en passant par l’énergie.

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