Lait : à quand la revalorisation des prix de vente ?

Syndilait, le syndicat des fabricants français de laits de consommation, alerte sur la santé économique de ses adhérents et revendique une valorisation significative du prix du lait. Crédit : Schneider.

Les industriels du lait de consommation affirment ne pas être prêts à augmenter le prix du lait payé aux éleveurs, tel que convenu dans l'accord obtenu par le médiateur. Malgré les hausses techniques envisagées par les Pouvoirs publics pour regonfler les marges des fabricants, Syndilait estime que cette revalorisation n’est pas suffisante. Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 16 mai dernier, le syndicat a expliqué que tous les acteurs de la filière sont confrontés à une hausse en cours et à venir du prix du lait et à la poursuite de la hausse des autres coûts de production : énergie, transport et emballages, mettant en grand danger le secteur du lait de consommation français.

Des consommateurs « prêts à payer plus cher »

« Fortement fragilisés par ces hausses, les professionnels de la filière demandent une revalorisation significative de leur prix de vente aux distributeurs », explique Syndilait. Le prix moyen des laits liquides en grande distribution stagne aujourd’hui à 83 cts d’euros par litre en 2012 (source IRI) et 60% des laits de consommation sont vendus à moins de 60 cts d’euros par litre (source Kantar WorldPanel). Et malgré ces prix bas, les ventes de lait de consommation reculent en 2012 en magasins (-1,4% en valeur, -1% en volume). Le syndicat affirme que l'augmentation des prix ne modifiera pas les comportements d'achat des consommateurs. Il ajoute que sans cette augmentation, c'est l'avenir même de la filière qui est en danger, brandissant la menace de fermetures d'usines. En 2012, Sodiaal, première coopérative laitière, avait déjà annoncé son intention de fermer trois usines menaçant 313 emplois au total.

Opportunités à l’export

La production laitière étant orientée à la baisse ces derniers mois dans trois des cinq premières zones exportatrices (Argentine, Australie et Union Européenne), il y a de réelles opportunités à l’export pour les fabricants de lait liquide. « La France doit rester forte et la filière compétitive pour conquérir des parts de marché à l’export, dans l’Union Européenne, ou vers la Chine », explique Emmanuel Vasseneix, administrateur. Mais pour le syndicat, les fabricants de laits de consommation ne sont aujourd’hui pas en mesure de reconstituer leurs marges et d’être concurrentiels à l’export. D’où cet appel à tous les acteurs économiques et politiques à « assumer leur responsabilité pour éviter de mettre à mal la filière ».

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