Prix et qualité nutritionnelle : pas de rapport direct selon le CNA

6 avril 2010 - Maria Guillon

« L'opinion largement répandue selon laquelle les produits « entrée de gamme » sont de qualité nutritionnelle inférieure est inexacte », affirme le dernier rapport du CNA. (Photo : Prixbas, l'hypermarché discount d'Auchan, qui a ouvert le 24 mars à Mulhouse.)

Dans le dernier baromètre de la perception de l’alimentation réalisé par le Credoc en août 2009, 73% des consommateurs interrogés estimaient que les produits à marque de distributeurs (MDD) sont de qualité égale à ceux des marques nationales. Aujourd’hui, l’avis n°67 rendu par le Conseil National de l’Alimentation (CNA) - titré « Qualité nutritionnelle, consommation et distribution des produits alimentaires "hard discount" et "premiers prix" : état des lieux et perspectives » - leur donne raison. Il affirme que que les produits alimentaires d'entrée de gamme, y compris les premiers prix ou ceux vendus en hard-discount, ne sont pas moins bons sur le plan nutritionnel (teneur en gras, en sucre) que ceux vendus par les marques.

 

Compilation de 8 études

Le groupe de travail du CNA s’est basé sur huit études menées par des associations de consommateurs ou organismes de recherche. Celles-ci ne portaient que sur la teneur en protéines, glucides et lipides mais pas sur la qualité des nutriments ou des matières premières utilisées.

 

Les plus défavorisés ne sont pas condamnés à l’obésité

« Il faut se garder de conclure trop rapidement, à l’image de certains traitements médiatiques de la question, que les populations défavorisées ne peuvent pas avoir un régime alimentaire correct, au regard des conseils formulés par les nutritionnistes, souligne le rapport. Cette conclusion hâtive, associée au discours ambiant sur la « malbouffe », débouche alors sur le verdict que les plus pauvres seraient condamnés à l'obésité. Les résultats de ces études montrent également qu'il est possible d'avoir une alimentation équilibrée pour un coût modéré, à condition de ne pas descendre en dessous d'un coût critique minimum. Le CNA appelle d'ailleurs à réévaluer « ce seuil en dessous duquel il est impossible de s'alimenter convenablement ». « Evalué à 3,5 € par jour en France au début des années 2000, ce seuil devrait être ré-estimé compte-tenu de l'augmentation récente du coût des denrées alimentaires. »

 

Missions pour l’Oqali

L’instance consultative indépendante appelle également l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali), créé en 2008 suite à l’avis n°51 du CNA, à poursuivre l’étude de la fiabilité des données recueillies (comparaison analyses/étiquettes), à déterminer les types de données à privilégier et à définir quel pourcentage d’évolution est effectivement interprétable pour chaque donnée brute. L’objectif de l’Oqali, à moyen terme, est de couvrir l’ensemble de l’offre alimentaire, en étudiant en priorité les aliments contributeurs aux apports en nutriments d’intérêt. L’approche pourra être étendue à l’artisanat et à la restauration hors foyer.

Process Alimentaire - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

● Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
● Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
● Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois