Viandes bovine et ovine : les filières se mobilisent

26 février 2013 - Bruno Carlhian

La filière bovine et ovine a voulu montrer qu’elle était bien décidée « à être actrice de sa propre croissance », comme l’a souligné Dominique Langlois, président d’Interbev.

L’affaire de la « viande de cheval » introduite frauduleusement dans des plats cuisinés aura eu au moins un mérite pour les professionnels français de la viande : donner un coup de projecteur sur les travaux des Etats-Généraux de l’interprofession du bétail et de la viande (Interbev), dont la restitution a eu lieu le 26 février à Paris.

Car « l’heure est grave », a témoigné Henri Demaegdt, le p-dg d’EVA, abatteur-transformateur bovin et ovin en Normandie. « En 2012, on a constaté une baisse des abattages bovins de -6% au niveau national. On prévoit encore un recul de -3% en 2013. Il faut arrêter cette spirale à la baisse qui menace à terme la pérennité de nos outils. » La crainte est que la diminution du potentiel de production ne fragilise les abattoirs bovins, à l’image de ce qui se passe actuellement dans le secteur du porc.

Aussi les treize familles professionnelles d’Interbev ont-elles fait corps derrière une priorité: maintenir à tout prix l’élevage en France, notamment l’élevage allaitant, qui se trouve aujourd’hui menacé par les faibles revenus qu’il offre aux agriculteurs et par la concurrence des céréales, nettement plus rémunérateurs. « Les aides européennes doivent absolument rester couplées (c’est-à-dire conditionnées à la réalisation d'une production agricole, NDLR). Sinon, c’est à terme l’arrêt de mort de l’élevage ovin en France », a assuré Jean-Yves Gardoni, éleveur ovin dans le Loiret.

Compter un peu sur la PAC, beaucoup sur soi-même

Mais la filière bovine et ovine a aussi voulu montrer qu’elle était bien décidée « à être actrice de sa propre croissance », comme l’a souligné Dominique Langlois, président d’Interbev. Plus de 80 professionnels de la viande ont ainsi planché depuis l’automne au sein de quatre ateliers de travail consacrés à l’avenir de la production, au « renouvellement des générations dans la filière viande », aux « axes d’amélioration de la compétitivité des outils industriels » et aux « stratégies à développer pour redresser la consommation ».

Parmi ces mesures figurent la volonté « d’améliorer la compréhension des clients en simplifiant l’offre » en instaurant notamment une nouvelle dénomination pour les morceaux vendus en libre-service, d’engager un vaste programme de recrutement et de formation (« la filière va avoir besoin de 20000 professionnels dans les trois ans qui viennent », a assuré Dominique Langlois) et enfin « redévelopper l’export sur l’Union européenne et les pays-tiers ».

>> Retrouvez l'article complet dans notre numéro de mars.

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