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Vie des IAA

Ynsect boucle un nouveau record avec une levée de fonds de 315 millions d’euros

12 octobre 2020 - Amelie Dereuder

Cette extension de la levée de fonds réalisée début 2019 porte le total des fonds collectés depuis la création de l'entreprise en 2011 à 360 millions d'euros. L'investissement dans le site Poulainville va mobiliser 150 millions d'euros.

Après avoir terminé une levée de fonds de 106 millions d’euros début 2019, Ynsect complète son financement de Série C avec un montant final d'un niveau record : 315 millions d’euros. Il s’agit de la levée de fonds la plus importante jamais réalisée par une entreprise non américaine dans le secteur agricole. Le financement total de l'entreprise, depuis sa création en 2011, est évalué à 360 millions d’euros. Il se révèle supérieur à l’ensemble des levées de fonds menées par les producteurs d’insectes au niveau mondial.

Ynsect a reçu des apports d’Astanor Ventures, Upfront Ventures, FootPrint Coalition, Happiness Capital, Supernova Invest et Armat Group, qui ont rejoint les précédents investisseurs. L’origine américaine d'une partie des financements confirme la volonté de la société française de se développer en Amérique du Nord.

L'objectif à moyen terme est de finir de construire le site de production Ynfarm, à Poulainville (dans la Somme, à côté d’Amiens). La mise en production ce qui sera la plus grande ferme d'élevage d'insectes, vertical et automatisé, est prévue pour 2022. L’entreprise française espère créer 500 emplois directs et indirects, et produire 100 000 tonnes par an d’ingrédients issus de vers de farine (Tenebrio molitor). La méthode de production se veut « carbone négative », c’est-à-dire que l’ensemble de la chaîne de valeur séquestre plus de CO2 qu’elle n’en émet.

Ces ingrédients ne sont pas destinés à la nutrition humaine, mais à l’alimentation animale et à la fertilisation des cultures. Le système de production verticale est protégé par une trentaine de brevets. Non révélé, le chiffre d'affaires d'Ynsect n'est pas encore significatif. Mais l'entreprise a déjà signé des contrats pour une valeur de 89 millions d’euros.

La société française a réussi à minimiser l’impact de la crise sur la construction de la ferme verticale d’Amiens (chantier a commencé le 16 mars) et sur son site pilote de Dole dans le Jura. De quoi rassurer les investisseurs. « Nous avons montré que nous pouvions encaisser des chocs importants tels que le coronavirus, ce qui constituera dans les décennies à venir un facteur de différenciation important pour les entreprises », déclare Antoine Hubert, co-fondateur de l'entreprise.

 

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