Qualité

Les facteurs de croissance des produits laitiers sans risque cancérigène

9 mai 2012 - Anne-Katell Mousset

 

Pour l’Agence, la contribution de l’IGF-1 d’origine laitière au risque de cancers, si elle existe est faible. © adimas - Fotolia.com

L’Anses vient de remettre un rapport d’expertise concernant « l’Etude de liens entre facteurs de croissance, consommation de lait et de produits laitiers et cancers ». En effet, en septembre 2009, l’association de consommateurs « Familles de France » avait saisi l’agence sanitaire (à l'époque l’Afssa) pour évaluer les risques liés à la présence de facteurs de croissance cancérigènes dans les produits laitiers. Pour l’association, la demande est fondée sur le nombre croissant de sites Internet et d’ouvrages soutenant que les facteurs de croissance contenus dans le lait et les produits laitiers peuvent accroître le risque de cancers.

Les facteurs de croissance, molécules aux multiples effets physiologiques

Les facteurs de croissance sont des molécules polypeptidiques produites chez l’Homme ainsi que chez de nombreuses espèces animales. Ils exercent de multiples effets physiologiques, notamment sur la croissance, la différenciation et le métabolisme cellulaire. Parmi les facteurs de croissance présents dans le lait, l’Anses s’est surtout penchée sur les IGF (Insulin-like growth factors), les EGF (Epidermal growth factors) et les TGF-ß (Transforming growth factors). Le plus étudié de tous étant l’IGF-1, c’est surtout sur celui-ci que les experts ont pu s'appuyer sur de nombreuses études scientifiques. L’IGF-1 est fortement impliqué dans la croissance staturo-pondérale. Sa synthèse est hépatique notamment sous l’influence de l’hormone de croissance.

De nombreux facteurs alimentaires influent sur la synthèse des IGF-1

L’Anses constate des associations positives entre la concentration sanguine d’IGF-1 et l’incidence des cancers comme ceux de la prostate, du sein et du côlon-rectum. Par contre, la littérature met en évidence que les IGF-1 contenue dans le lait, s’ils peuvent rejoindre la circulation sanguine, ne contribueraient alors que faiblement à l’augmentation du taux de facteurs de croissance. En effet, la fabrication endogène est bien supérieure à un éventuel apport exogène. Pour l’Agence, la contribution de l’IGF-1 d’origine laitière au risque de cancers, si elle existe est donc faible.

 

Pourtant dans son étude, l’Anses souligne que de nombreux facteurs alimentaires (comme l’apport protéique et l’apport énergétique) peuvent conduire à une augmentation de la synthèse endogène des IGF-1. L’Anses note donc que les produits laitiers, au même titre que les autres aliments, peuvent avoir une influence sur la concentration d’IGF-1 dans le sang. Ces éléments d’analyses seront donc intégrés dans le cadre de la révision des recommandations des consommations alimentaires inscrite à l’action 11.1 du PNNS (Programme National Nutrition Santé) 2011-2015.

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