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Contrôle

Nettoyage : une preuve inattaquable pour sécuriser les protocoles

La jeune entreprise Alpha Pilote a développé une application qui sécurise les protocoles de nettoyage par des preuves visuelles et horodatées, validées par l’intelligence artificielle et opposables juridiquement.
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  • Auteur : Stéphanie Perraut
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Remplacer le système déclaratif par des preuves visuelles et horodatées, validées par intelligence artificielle (IA), archivées de manière infalsifiable sur serveurs souverains grâce à la technologie blockchain. C’est ce que propose la start-up française Alpha Pilote avec sa solution logicielle dédiée à la supervision des opérations de nettoyage. « Les protocoles numérisés actuels reposent sur la bonne foi des opérateurs. Un formulaire coché ne constitue pas une preuve recevable en cas d’audit ou de litige. Notre solution comble ce vide juridique en garantissant une traçabilité juridiquement opposable », affirme Mohamed Nasseh, directeur général de l’entreprise.

Une validation objective et automatisée

La solution combine trois mécanismes clés :

  1. Vision par IA : comparaison en temps réel de chaque tâche de nettoyage à un standard de référence (« Golden Standard »). Toute anomalie est détectée automatiquement. « L’entreprise utilisatrice construit son protocole avec, si elle le souhaite, des procédures spécifiques en cas d’anomalie. En indiquant les photos à prendre pas à pas, l’application sert à la fois de guide et d’outil de contrôle. Nous pouvons utiliser autant de visuels de référence que nécessaire et faire évoluer la trame en fonction des besoins », explique Paul Prikazski, co-fondateur et directeur technique d’Alpha Pilote. Concrètement, l’application est installée sur un smartphone industriel durci classique. « À son démarrage, l’opérateur s’identifie avec un code PIN. Nous savons alors qui s’est connecté et quand. L’interface affiche, en fonction de l’utilisateur, le planning avec les tâches à faire, en cours et terminées. On peut imaginer des procédures à lancer à certains moments ou selon une périodicité choisie », poursuit-il.
  2. "Time-Lock » chimique : blocage des étapes de validation tant que le temps de contact requis pour les biocides n’est pas écoulé. « Nous venons ensuite imposer à l’opérateur d’attendre au moyen d’un compte à rebours préalablement paramétré », précise-t-il.
  3. Archivage probatoire : stockage crypté et horodaté des preuves (photos, horodatages, géolocalisations), conforme au règlement eIDAS (electronic IDentification, Authentication and trust Services, cadre européen garantissant la valeur juridique des services de confiance numériques comme l’horodatage ou l’archivage électronique) et à l’article 1366 du Code civil (équivalence légale entre un document électronique et un document papier, sous réserve d’identification de son auteur et de conservation de son intégrité).

Des preuves opposables en cas d’audit

Les données sont conservées cinq ans sur des serveurs souverains français. En cas de contrôle, un rapport PDF certifié est généré instantanément. Il inclut les photos avant/après, temps de contact et validations IA. « Ce système élimine le stress des audits impromptus et réduit les risques de litiges commerciaux ou de perte de certification (International Featured Standards - IFS, Hazard Analysis Critical Control Point - HACCP). Il constitue aussi une preuve en cas d’engagement de la responsabilité pénale dirigeant », estime Mohammed Nasseh.

Alpha Pilote propose un programme « Proof of Concept » en mai 2026 : il permet de tester la solution gratuitement pendant 30 jours sur une zone critique, avec un déploiement opérationnel en 24 heures. La solution est proposée sous la forme d’un abonnement. « Elle est adaptable à d’autres usages que le nettoyage, comme le suivi de la chaîne du froid. Dans ces cas, on peut imaginer de prendre une photo toutes les X minutes », imagine le dirigeant. Des fonctions comme la maintenance peuvent aussi se saisir de la solution.