Le site Heineken de Schiltigheim (67). (Photo : Process Alimentaire - 2015)

Heineken annonce la fermeture du site de Schiltigheim (67) sous trois ans

15 novembre 2022 - Stéphanie PERRAUT

Le brasseur réorganise son outil industriel et concentre son activité sur les sites de Mons-en-Barœul (59) et Marseille (13) qui seront modernisés et agrandis.

C’est un coup de tonnerre pour la commune de Schiltigheim, à côté de Strasbourg (67), aussi connue sous la dénomination « cité des brasseurs » depuis la fin du XVIII e siècle. Le 14 novembre, la direction de Heineken France a présenté aux représentants du personnel et à l’ensemble des salariés un projet de réorganisation et de concentration de son outil de production en France jugé « nécessaire pour préserver la compétitivité de l’entreprise à long-terme ». La sentence est lourde pour le site alsacien dont la fermeture ou la cession est annoncée à horizon trois ans. 

Deux brasseries au lieu de trois

L’objectif de Heineken est de maintenir les volumes produits dans l’Hexagone en transférant les volumes de Schiltigheim vers les brasseries de Mons-en-Barœul (Nord) et Marseille (Bouches-du-Rhône). Le brasseur prévoit d’investir 100 millions d’euros pour la modernisation, l’agrandissement et l’amélioration de la performance environnementale de ces deux sites. Avec à la clé aussi, la création de postes en CDI. La marque Fischer quant à elle à être produite en Alsace avec un projet de création d’une micro-brasserie. 

Ce projet s’inscrit dans un contexte de baisse des parts de marché de Heineken en France, expliquée notamment par l’augmentation du coût des matières premières et de l’énergie, l’impact de long-terme de la crise sanitaire sur le secteur des cafés-hôtels-restaurants et une concurrence accrue (augmentation du nombre de brasseries indépendantes et concentration des outils de production au travers de méga-brasseries par les principaux acteurs du secteur).

Un site sous fortes contraintes

« Nous mesurons l’émotion suscitée par le projet de fermeture ou de cession de la brasserie de Schiltigheim, à laquelle nous sommes tous très attachés », a déclaré Pascal Gilet, p-dg de Heineken France. Selon le groupe, le site souffre de nombreuses contraintes :un enclavement en plein centre-ville qui empêche tout agrandissement ; une localisation trop éloignée des nouveaux viviers de consommateurs dans le Sud et l’Ouest de la France ; des coûts de production trop importants du fait de certains équipements vétustes et d’une stratégie de diversification industrielle qui n’a pas porté ses fruits ; et une faible performance environnementale.

220 postes sont concernés. « Le dialogue social sera la priorité des prochains mois et un accord collectif sur un projet de PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) sera négocié avec les organisations syndicales représentatives au sein de l’entreprise au cours des prochains mois », affirme l’entreprise.

La direction de Heineken France s’engage aussi à ce que des opportunités de reclassement interne soient proposées à l’ensemble des salariés de Schiltigheim, principalement au sein des brasseries de Mons-en-Barœul et de Marseille mais aussi au sein des autres entités du groupe dans l’Hexagone. 

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