Nutrition

Confinement : l’Inrae fait le point sur les habitudes alimentaires

9 novembre 2020 - Amelie Dereuder

Selon une étude menée auprès de la cohorte Nutrinet-Santé, entre mars et mai, les Français ont modifié de façon très différenciée leur consommation de produits alimentaires. Plus du tiers d'entre eux ont gagné du poids, quand près d'un quart en ont, au contraire, perdu.

Le confinement provoqué par le Covid-19 bouscule les habitudes alimentaires des Français. Pour préciser ce constat, les chercheurs de l’Inrae ont, entre mars et mai, adressé un questionnaire à 37 000 volontaires de la cohorte Nutrinet-Santé. Résultat : 35 % des enquêtés admettent avoir pris du poids, avec une moyenne d’1,8 kg supplémentaire. Et un peu plus de la moitié ont réduit leur activité physique. Ainsi 63 % sont devenus plus sédentaires, restant assis sept heures par jour en moyenne. Dans le même temps, leur consommation de produits frais a diminué.

Ainsi, pour beaucoup, le confinement s’est traduit par une augmentation du grignotage et de l’apport calorique (+ 443 kcal/jour en moyenne), notamment de biscuits, gâteaux et autres sucreries. Les chercheurs l’expliquent comme une réponse au stress (10 %) et à l’ennui (18 %) dans un contexte où les Français étaient enfermés chez eux, en télétravail ou en chômage partiel. Selon l’étude, les profils les plus concernés sont les moins de 50 ans, les femmes, ceux ayant un faible revenu et les foyers avec enfants.

Une grande variabilité selon les profils

Pour les plus aisés et pour les populations à risques (obèses, fumeurs,…), le confinement a eu l’effet inverse. Ils ont amélioré leur alimentation, davantage cuisiné eux-mêmes et fait plus d’activité physique. 23 % de la population a ainsi perdu du poids, en moyenne 2 kg. Les scientifiques ont observé, pour cette partie de la population, une augmentation de la consommation de fruits, légumes, légumineuses et noix, de poisson, et une diminution de la consommation de sucreries, biscuits et gâteaux, et d’alcool, en lien avec une plus forte préoccupation santé.

Enfin, pour près de la moitié de la cohorte, les comportements sont restés relativement stables. Il s’agit des plus de 50 ans, des hommes, des consommateurs vivant dans villes de moins de 100 000 habitants ou en zone rurale, avec un plus faible niveau d’éducation, et les personnes sans activité ou relevant de professions essentielles, qui ont donc continué à travailler pendant le confinement.

45 % des consommateurs stockent des aliments

Par ailleurs, environ 27 % des volontaires ont déclaré être stressés à l’idée de manquer de certains aliments pendant le premier confinement mais seuls 3 % ont déclaré avoir stocké plus d’aliments que d’habitude par crainte de pénuries. En revanche, 45 % déclarent l’avoir fait à cause de la fréquence réduite des achats.

D’autres travaux permettront de savoir si la crise sanitaire a modifié les motivations des choix alimentaires en France, en particulier pour la viande et les produits animaux. Et de voir si les habitudes prises durant le premier confinement se reproduisent les prochaines semaines…

ELO Emballage - 09 & 10 décembre 2020

ELO EMBALLAGE

Participez aux 1ères rencontres
connectées de l'emballage

09 & 10 décembre 2020

● 7 webconférences thématiques
● Un espace d’exposition

Accès visiteur gratuit sur simple inscription