Ingrédients

Allégations : le yaourt rit, pas le chocolat

9 novembre 2010 - Pierre Christen

Pour pouvoir alléguer sur son rôle d'aide à la digestion du lactose, le yaourt doit contenir au moins 108 UFC de ferments par portion i.e. Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus et Streptococcus thermophilus © Marzia Giacobbe - Fotolia.com

La publication du troisième lot d’avis scientifiques émis par l’Efsa relativement aux demandes d’allégations de santé génériques n’en finit pas de susciter des réactions contrastées.

Avis positif pour les ferments vivants du yaourt

Hors vitamines et minéraux, rares sont les ingrédients à avoir obtenu des conclusions positives. C’est le cas toutefois de la demande d’allégation relative aux ferments vivants de yaourt et l’amélioration de la digestion du lactose. Selon les experts de l'Efsa, l'avis conclut que 13 études humaines sur 14 ont montré une digestion du lactose améliorée chez les personnes qui le digèrent mal. La seule étude ne montrant pas cet effet a toutefois mis en évidence que les symptômes étaient réduits. Syndifrais, le syndicat interprofessionnel des fabricants de produits laitiers frais, s’est félicité dans un communiqué de cette conclusion. D’autant que l’avis souligne l’importance du caractère vivant des yaourts. En vue de pouvoir alléguer, le yaourt doit contenir au moins 108 UFC de ferments par portion i.e. Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus et Streptococcus thermophilus tel que spécifié par le Codex Alimentarius Standard n°243/2003. Rappelons que la présence de ferments vivants dans le yaourt est garantie en France par le décret de 1988.

Avis négatif pour les polyphénols du chocolat

C’est un tout autre son de cloche du côté des chocolatiers. Même s’il n’y a pas de réaction officielle, la déception est forte chez les principaux fournisseurs, on pense notamment au leader Barry Callebaut, promoteur d’Acticoa, un chocolat riche en polyphénols (Lire magazine Process alimentaire, n° janvier 2010, p. 50). Dans son avis scientifique, l’Efsa conclut que, malgré une étude montrant des changements significatifs sur les F2-isoprostanes après ingestion de flavanols de cacao, l’effet n’a pas été confirmé quotidiennement sur trois-six semaines. Aucun effet n’a été observé non plus sur les concentrations plasmatiques des particules de LDL oxydées. De fait, l’allégation sur la protection des lipides vis-à-vis du dommage oxydatif n’a pas été acceptée. Concernant la pression artérielle, l’Efsa a conclu que les preuves positives apportées par certaines études (faibles doses, non en aveugle) n’ont pas été confirmées par des études à plus fortes doses ou en aveugle. De fait, l’allégation sur le maintien d’une pression sanguine normale n’a pas obtenu non plus d’avis positif.

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