Salmonella Agona

Lactalis : chronologie d’une crise médiatico-sanitaire

15 janvier 2018 - Marjolaine Cérou

Depuis l’épidémie survenue chez Célia en 2005 jusqu’à la convocation du p-dg de Lactalis à Bercy, rappel des faits qui ont marqué cette crise sanitaire.

 

De mars à mai 2005 : Retraits-rappels des laits en poudre infantiles fabriqués à Craon (53) dans les locaux de l’usine Célia. 146 nourrissons ont été contaminés par Salmonella Agona .

2006 : Rachat de Célia par Lactalis.

Avril 2017 : Première contamination recensée par Salmonelle sérotype Agona d’un nourrisson de moins de six mois détectée par le Centre national de référence (CNR) des Salmonella (mais révélée lors du signalement début décembre).

Août et novembre 2017 : Salmonella Agona est détectée par deux fois dans l’environnement de la tour de séchage n°1 du site de Craon. Des opérations de désinfection sont mises en œuvre pour éviter tout risque de propagation. Les contrôles ultérieurs s'avèrent négatifs. Au cours de cette période, Lactalis assure n’avoir trouvé aucun résultat positif indiquant une présence de salmonelles dans ses produits.

1er décembre 2017 : Suite à une augmentation des cas de nourrissons atteints de salmonellose (8 cas en 8 jours), le Centre national de référence des Salmonella déclenche un signalement.

2 décembre 2017 : Lactalis procède à un premier rappel de laits infantiles 1er âge en poudre (marques Picot, Pepti Junior et Milumel Bio). 12 références sont concernées. En cause, la contamination de vingt nourrissons de moins de six mois par la bactérie pathogène Salmonella (sérotype Agona). Les premiers résultats des investigations menées par Santé Publique France et la DGCCRF ont montré que les 13 enfants dont les familles ont été interrogées ont consommé du lait infantile 1er âge, fabriqué entre mi-juillet et fin novembre, sur le même site de production du groupe Lactalis (à Craon en Mayenne).

8 décembre 2017 : Suite à un audit, l’activité du site de Craon (53) est arrêtée.

10 décembre 2017 : Après le signalement de cinq nouveaux cas de nourrissons contaminés, le Ministère de l’Économie et des Finances somme Lactalis d’étendre son rappel de laits infantiles (marques Milumel et Picot). 154 références dont le Picot riz 1er âge viennent s’ajouter à la liste, soit plus de 600 lots au total. Carrefour rappelle également ses laits en poudre à marque distributeur fabriqués à Craon. Pour Lactalis, « « la contamination serait probablement survenue sur une des tours de séchage du site dans la période du 1er au 6 mai 2017 »

18 décembre 2017 : Cinq nouveaux lots de la marque Picot, également produits sur le site de Craon en Mayenne sont rappelés. D’après le communiqué de la DGCCRF, « ces cinq lots n’apparaissaient pas, alors qu’ils auraient dû figurer dans les fichiers transmis par Lactalis, sur lesquels s'est basé l’arrêté ministériel de retrait-rappel du 10 décembre » .

18 décembre 2017 : L’un des parents d’un nourrisson malade porte plainte contre Lactalis pour mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger.

21 décembre 2017 :720 lots supplémentaires sont retirés du marché en France et à l’international. Ce cinquième rappel inclut la totalité des produits infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés sur le site de Craon depuis le 15 février 2017. Il concerne les produits des marques Picot (poudres et céréales infantiles), Milumel (poudres et céréales infantiles) et Taranis (mélange d’acides aminés en poudre destinés au traitement de pathologies).

En parallèle, la piste de la contamination environnementale se renforce. « A partir des résultats d’analyses renforcées, nous savons désormais qu’une contamination dispersée s’est installée dans notre usine de Craon suite à des travaux réalisés au cours du 1er semestre 2017 », affirme alors Michel Nalet, directeur de la communication et des relations extérieures de Lactalis.

Mardi 26 décembre 2017 : Le pôle santé publique du Parquet de Paris ouvre une enquête contre Lactalis pour blessures involontaires, mises en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et inexécution d’une procédure de rappel produit

9 janvier 2018 : Michel-Edouard Leclerc, p-dg de l’enseigne de distribution, indique que 984 boîtes de laits infantiles produites par Lactalis, seraient restées en rayon, et cela malgré la mesure de rappel. Thierry Cotillard, président d'Intermarché, monte également au créneau et remet en cause la gestion des mesures de retraits-rappels du groupe mayennais. Après investigations, il s’avère que plusieurs lots sont restés en rayons dans différentes enseignes de distribution (Carrefour, Casino et Système U).

11 janvier 2018 : Lactalis, représenté par son directeur de la communication et des relations extérieures, Michel Nalet, tient une conférence de presse exceptionnelle à Paris. Un point à date sur la gestion des retraits-rappels et sur les investigations concernant les origines de la contamination est fait.

10 janvier 2018 : Lactalis informe que le chômage partiel est mis en œuvre à Craon.

12 janvier 2018 : Emmanuel Besnier, p-dg de Lactalis, est reçu par Bruno Le Maire à Bercy. Pour éviter toute confusion dans les retraits-rappels chez les distributeurs, il décide de rappeler toutes les boîtes de lait infantile quelle que soit leur date de durabilité minimum.

A venir : Les résultats par le Centre national de référence des Salmonella pour valider ou non la contamination environnementale par la même bactérie qu’en 2005.

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