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Charcuterie Traiteur

Les entreprises de charcuterie sont dans une situation alarmante selon la Banque de France

Le rapport de la Banque de France est sans appel : la situation des entreprises de charcuterie s’est encore aggravée en 2023. Alors que les premiers signaux ne laissent pas présager d’amélioration en 2024, la Fict alerte les pouvoirs publics et les distributeurs sur la nécessité d’agir pour assurer la pérennité d’un secteur essentiel.
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  • Auteur : Christophe MENEUST
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Les entreprises de charcuterie traiteur jouent un rôle pivot au sein de la filière porcine française, entre les éleveurs dont elles valorisent 75 % de la production et la distribution pour laquelle la charcuterie constitue un des rayons alimentaires le plus rémunérateur . La nouvelle étude de la Banque de France dresse un tableau sombre de la situation économique et financière de ces entreprises en France . Le taux de marge nette accuse un nouveau recul et près d’ un tiers des entreprises enregistrent un résultat négatif en 2023 .

Un cri d'alarme de la Fédération des entreprises de charcuterie traiteur (Fict)

« Il n’est pas envisageable de voir la situation des entreprises de charcuterie continuer de se dégrader. C’est pourquoi nous appelons le nouveau gouvernement et tous les acteurs de la filière porcine, et en premier lieu les distributeurs, à agir collectivement pour redonner aux entreprises de charcuterie des perspectives de redressement, en faveur d’une filière forte et durable », déclare Christiane Lambert, présidente de la Fict .

Une entreprise sur trois déficitaire

Les entreprises de charcuterie traiteur ne sont pas parvenues à répercuter suffisamment la forte augmentation des coûts de production des deux dernières années (augmentation du prix du porc, de l’énergie, des salaires…).
En deux ans, leur taux de marge nette est en recul de 65 % . Déjà très faible en 2022 (1,1%), il se situe en 2023 à 0,9 % du chiffre d’affaires (CA). Il était à 2,6 % en 2021. Au total, 30 % des entreprises enregistrent un résultat net négatif en 2023 contre un quart en 2022.

Enfin, le taux d’investissement d’exploitation recule de 25 % sur un an et de 33 % sur deux ans pour atteindre 18 % de la valeur ajoutée en 2023. « Or des investissements qui se réduisent, c’est la capacité des entreprises à rester compétitives face à nos concurrents étrangers qui est remise en cause », affirme la Fict. Des effets sont déjà visibles dans les rayons avec une référence de charcuterie sur cinq qui est importée de concurrents européens selon une étude d’Inaporc.

Des signaux négatifs pour 2024

2024 ne permet pas d’espérer un rétablissement de la situation et confirme la tendance . Les montants cumulés des incapacités à payer, relevées par la Banque de France pour le secteur charcuterie, augmentent de manière importante par rapport aux années précédentes. Ils sont supérieurs à ceux de l’année 2023 sur le premier trimestre 2024.

« Alors que le rayon charcuterie est le rayon le plus rémunérateur pour les distributeurs, il est crucial que ces derniers tiennent compte de la situation économique lors des prochaines négociations commerciales », déclare la Fict. Avec un taux de marge nette six fois supérieur à la moyenne des autres rayons en 2023, le rapport 2024 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges montre que la marge nette générée par le rayon est passée de plus de 400 millions d’euros en 2020 à près de 600 millions en 2022. Cette progression contraste avec la dégradation forte des résultats des entreprises de charcuterie . « La décision récente de grands groupes de rejoindre les centrales d’achat européennes vient encore accentuer le déséquilibre des négociations commerciales », ajoute la fédération.

« Nous demandons aux distributeurs de s’engager à exclure du champ des négociations des centrales, les industries qui ont un fort impact s ur les filières agricoles, comme la charcuterie. C’est un enjeu de souveraineté alimentaire ! » Fédération des entreprises de charcuterie traiteur (Fict).

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